Courtiser la jeunesse avec l’environnement et l’économie

Les électeurs de 18 à 34 ans représentent près du tiers de l’électorat québécois total, selon l’Institut de la statistique du Québec. Les jeunes peuvent donc représenter un poids politique considérable.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les électeurs de 18 à 34 ans représentent près du tiers de l’électorat québécois total, selon l’Institut de la statistique du Québec. Les jeunes peuvent donc représenter un poids politique considérable.

Dans un débat portant sur les enjeux électoraux qui touchent la jeunesse, les chefs des principaux partis politiques québécois — à l’exception du premier ministre, François Legault, absent — ont misé sur l’environnement et l’économie. Ils répondaient aux questions de jeunes électeurs dans cet événement tenu vendredi soir à l’Université Concordia, coorganisé par Le Devoir et l’Institut du Nouveau Monde (INM).

La plupart des questions étaient posées pour un seul candidat. Ainsi, en première partie du débat, bien qu’ils répondaient tour à tour à des questions différentes, tous les candidats — à l’exception de Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec — ont reproché à François Legault de ne pas avoir participé. « Ça en dit long sur l’importance qu’il accorde à la jeunesse », a commenté Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire (QS).

« La lutte aux changements climatiques est l’enjeu du XXIe siècle », a lancé Mme Anglade dans sa déclaration d’ouverture. « Il est temps qu’on prenne au sérieux la crise climatique », a quant à lui déclaré M. Nadeau-Dubois.

Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), s’est dit contre l’idée selon laquelle la croissance économique devait nuire à l’environnement, et s’est notamment opposé à la fermeture de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda. Ce dernier a également soulevé le caractère « historique » de l’événement, puisque c’est « la première fois en 86 ans » qu’un candidat d’un parti conservateur participe à un débat dans le cadre d’une campagne électorale provinciale.

« Le plan de la CAQ en environnement est en demi-mesures […], on n’a plus de temps pour échouer », a affirmé à son tour Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ). Chaudement applaudi, il semblait compter bon nombre de sympathisants parmi la foule d’un peu plus de 300 personnes.

Les thèmes mis de l’avant par les chefs correspondaient d’ailleurs aux priorités des jeunes spectateurs du débat rencontrés sur place avant l’événement : « L’environnement est l’enjeu le plus important, parce que la crise climatique affecte tous les autres ; ça affecte aussi notre santé et l’économie », soutient Éloïse, 20 ans.

« Pour les étudiants, le coût de la vie est un enjeu majeur, alors que le prix de l’essence et des biens augmente », ajoute David, 18 ans. Selon lui, le PCQ devrait « causer la surprise » en effectuant plus de gains auprès des 18 à 34 ans : « On sait déjà que Québec Solidaire est populaire auprès des jeunes, mais c’est impressionnant de voir comment Éric Duhaime prend de la place rapidement, beaucoup, pour un parti conservateur. »

Lors du débat, M. St-Pierre Plamondon et Mme Anglade ont aussi respectivement mis de l’avant des politiques de contrôle des réseaux sociaux et d’investissements en santé mentale pour interpeller les jeunes électeurs. M. Nadeau-Dubois a pour sa part suggéré qu’on rabaisse l’âge du vote à 16 ans, et M. Duhaime a misé sur sa réforme du système de services de garde dans le but d’offrir « plus de places » en garderies.

La crise du logement est par ailleurs le sujet qui a le plus divisé les candidats vendredi soir. Alors que Mme Anglade et M. Nadeau-Dubois ont réitéré leur engagement de financer 50 000 logements sociaux, Éric Duhaime s’est opposé à cette proposition. Il mise plutôt sur des « incitatifs aux investisseurs » afin qu’ils élargissent le parc immobilier québécois, et sur des aides aux « individus qui ont des problèmes particuliers », a-t-il dit en entrevue après le débat.

Poids politique à valoriser

Les électeurs de 18 à 34 ans représentent près du tiers de l’électorat québécois total, selon l’Institut de la statistique du Québec. Les jeunes peuvent donc représenter un poids politique considérable.

Cependant, une analyse du Devoir effectuée en marge de la campagne électorale de 2018 démontrait qu’ils sont systématiquement moins enclins à participer aux élections provinciales. Leur participation à tout type d’élection serait d’ailleurs en baisse, selon Mathieu Arsenault, conseiller principal aux communications de l’INM.

L’objectif du Dialogue jeunesse de vendredi soir était donc d’accroître « la participation des jeunes à la vie démocratique », comme l’a résumé la directrice générale de l’INM, Malorie Flon, en ouverture.

Selon les dernières données de la firme de sondage Léger publiées le 3 août dernier, c’est le parti Québec solidaire qui serait le plus populaire auprès des 18 à 34 ans, avec 35 % des intentions de vote, suivi par la Coalition avenir Québec, à 30 %. Le Parti conservateur du Québec, à 14 %, est au coude à coude avec le Parti libéral, qui obtient 12 % des intentions de vote. Le Parti québécois ferme la marche à 8 %.

Intitulé Dialogue jeunesse des chef·fe·s – élections 2022, le débat était animé par le directeur du Devoir, Brian Myles, et par Malorie Flon.

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