Ouellet « nie fermement » les accusations d’agression sexuelle

« Ayant pris connaissance des fausses accusations portées à mon encontre par la plaignante [F.], je nie avec fermeté avoir eu des gestes inappropriés sur sa personne », a affirmé Mgr Ouellet dans une déclaration publiée sur le site d’information du Vatican.
Gregorio Borgia Associated Press « Ayant pris connaissance des fausses accusations portées à mon encontre par la plaignante [F.], je nie avec fermeté avoir eu des gestes inappropriés sur sa personne », a affirmé Mgr Ouellet dans une déclaration publiée sur le site d’information du Vatican.

Le cardinal Marc Ouellet rejette les allégations d’agression sexuelle portées contre lui dans une action collective qui vise 88 prêtres du diocèse de Québec. Fort du soutien du pape François, le haut dignitaire de l’Église catholique se dit prêt à participer à un procès pour prouver « son innocence ».

Selon Vatican News, le site de nouvelles officiel du Saint-Siège, Mgr Ouellet nie en bloc les accusations portées contre lui et les qualifie de diffamatoires.

Dans une demande introductive d’instance en action collective rendue publique le 16 août, une plaignante, identifiée sous l’initiale « F. », affirme avoir été agressée sexuellement par le cardinal Marc Ouellet entre 2008 et 2010. Celui-ci lui aurait notamment massé les épaules et glissé sa main le long du dos jusqu’aux fesses.

Le cardinal Ouellet, qui a déjà été considéré comme un des favoris pour devenir pape, a dit avoir « pris connaissance des fausses accusations [et] nie avec fermeté avoir eu des gestes inappropriés sur [la plaignante] ».

« Je considère diffamatoires l’interprétation et la diffusion de ces allégations comme agressions sexuelles. Si une enquête civile devait être ouverte, j’y participerai activement pour que la vérité soit établie et que mon innocence soit reconnue », a conclu le cardinal dans cette déclaration publiée en français et italien.

Marc Ouellet, âgé de 78 ans et actuel préfet de la Congrégation pour les évêques, l’une des fonctions les plus importantes du gouvernement du Vatican, aurait procédé à des attouchements inappropriés sur une stagiaire (identifiée comme « F. » dans le document de justice) entre 2008 et 2010 lorsqu’il était archevêque de Québec.

Soutenu par le pape

 

Ces révélations sont intervenues moins de trois semaines après la visite du pape au Canada, au cours de laquelle il s’est excusé pour les agressions perpétrées par des membres de l’Église dans des pensionnats pour Autochtones.

Le pape François avait en revanche dès jeudi exclu, faute d’« éléments suffisants », l’ouverture d’une nouvelle enquête contre le cardinal.

En 2021, le pape avait répondu à une lettre de « F. » en nommant « le père Jacques Servais pour enquêter sur le cardinal Marc Ouellet ». Et c’est justement sur la base des éléments réunis par le père Servais que le pape a décidé d’exclure une enquête contre Mgr Ouellet, a expliqué jeudi le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni.

Le porte-parole précise que le père Servais, dont l’enquête préliminaire s’est conclue sur l’absence d’éléments suffisants, a été de nouveau contacté par le pape, qui a reçu l’assurance qu’il n’y avait pas de raison de poursuivre la procédure.

Fait inhabituel, le communiqué de M. Bruni, rédigé en italien, cite les déclarations en français du père Servais, un jésuite comme le pape : « Il n’y a aucun motif fondé pour ouvrir une enquête pour agression sexuelle de la personne F. de la part du Card. M. Ouellet », y affirme-t-il.

« Ni dans le rapport écrit (de F., NDLR) et envoyé au Saint-Père ni dans le témoignage via Zoom que j’ai recueilli par la suite en présence d’un membre du Comité diocésain ad hoc, cette personne n’a porté une accusation qui fournirait matière à une telle enquête », déclare encore le père Servais.

Marc Ouellet était cité parmi les favoris du dernier conclave à l’issue duquel le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio a été élu pape en 2013.

En février, il avait lui-même fustigé le « drame des agressions sexuelles commises par des clercs » et les « comportements criminels trop longtemps dissimulés pour protéger l’institution », lors d’un important colloque au Vatican en présence du pape François.

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