Le pape écarte une enquête visant le cardinal Ouellet

«Il n’y a aucun motif fondé pour ouvrir une enquête pour agression sexuelle de la personne F. de la part du cardinal M. Ouellet», peut-on lire dans une déclaration publiée par le Bureau de presse du Saint-Siège.
Photo: Gregorio Borgia Associated Press «Il n’y a aucun motif fondé pour ouvrir une enquête pour agression sexuelle de la personne F. de la part du cardinal M. Ouellet», peut-on lire dans une déclaration publiée par le Bureau de presse du Saint-Siège.

Le pape François juge qu’il n’y a pas matière à ouvrir une enquête sur les allégations d’agression sexuelle visant le cardinal Marc Ouellet.

« Il n’y a aucun motif fondé pour ouvrir une enquête pour agression sexuelle de la personne F. de la part du cardinal M. Ouellet », peut-on lire dans une déclaration publiée par le Bureau de presse du Saint-Siège. « Ni dans son rapport écrit et envoyé au Saint-Père ni dans le témoignage via Zoom que j’ai recueilli par la suite en présence d’un membre du Comité diocésain, cette personne n’a porté une accusation qui fournirait matière à une telle enquête », ajoute-t-on.

La plaignante, qui affirme avoir été agressée plusieurs fois par le cardinal, avait expliqué qu’en 2008 le cardinal lui aurait massé les épaules « avec force », lui aurait caressé le dos tout en la retenant « fermement contre lui », à plusieurs reprises. F. tente ensuite d’éviter le cardinal, mais ce dernier revient vers elle. Elle a alors « l’impression d’être pourchassée ».

Ce n’est qu’en 2020 que F., qui raconte avoir également été victime d’agressions sexuelles par un autre clerc, en parle au comité-conseil sur les abus sexuels du diocèse de Québec, qui lui recommande alors d’écrire une lettre au pape François.

En 2021, le pape répond à la lettre de F. en nommant « le père Jacques Servais pour enquêter sur le cardinal Marc Ouellet ». Le père Servais, dont l’enquête préliminaire s’est conclue sur l’absence d’éléments suffisants, aurait été contacté par le pape, qui a reçu l’assurance qu’il n’y avait pas de raison de poursuivre la procédure.

La demande introductive d’instance en action collective souligne que « le père Jacques Servais semble avoir peu d’information et de formation sur les agressions sexuelles en plus d’être possiblement un collaborateur du cardinal Marc Ouellet » et qu’en date de l’été 2022, « aucune conclusion concernant les plaintes contre le cardinal Marc Ouellet n’a été transmise à F. ».

Attouchements inappropriés

 

Rappelons que Marc Ouellet, âgé de 78 ans et actuel préfet de la Congrégation pour les évêques, aurait procédé à des attouchements inappropriés sur cette stagiaire entre 2008 et 2010 lorsqu’il était archevêque de Québec, selon des accusations figurant dans un document rendu public le 16 août et résultant de l’action collective autorisée par la Cour supérieure du Québec en mai.

En 2010, Marc Ouellet la croise deux fois en une semaine. C’est l’occasion de « l’embrasser à nouveau », car « il n’y a pas de mal à se gâter un peu », aurait-il dit. Un commentaire « complètement inapproprié », d’après F. Elle ajoute que le religieux l’aurait « embrassée » et aurait « glissé sa main » le long de son dos « jusqu’à ses fesses ».

Ces révélations sont intervenues trois semaines après une visite du pape au Canada, au cours de laquelle il s’est excusé pour les agressions perpétrées par des membres de l’Église dans des pensionnats pour Autochtones.

Le cas de F. figure parmi les témoignages d’une centaine de personnes disant avoir « été agressées sexuellement » par plus de 80 membres et employés laïques du diocèse de Québec entre juin 1940 et aujourd’hui, selon des documents judiciaires.

 

Avec l’Agence France-Presse

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