Le prolongement de la ligne bleue atteindra 6,4 milliards

Le nouveau tronçon de la ligne bleue comprendra un tunnel d’environ 6 kilomètres et 5 stations. 
Photo: Josie Desmarais Getty Images Le nouveau tronçon de la ligne bleue comprendra un tunnel d’environ 6 kilomètres et 5 stations. 

Le coût du prolongement de la ligne bleue du métro devrait finalement atteindre le maximum prévu de 6,4 milliards de dollars. La Société de transport de Montréal (STM) dit ainsi respecter le coût convenu avec le gouvernement du Québec au printemps dernier.

Le comité exécutif de la Ville de Montréal a approuvé mercredi matin un règlement d’emprunt de 6,1 milliards de dollars pour ce projet piloté par la STM et attendu depuis des décennies.

En mars dernier, la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, avait annoncé en compagnie du ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, et de la mairesse Valérie Plante, qu’une entente était intervenue entre Québec et Ottawa pour le financement du projet. On évoquait alors un budget total oscillant entre 5,8 et 6,4 milliards.

Selon les documents liés au règlement d’emprunt de la STM, en incluant les intérêts à long terme, la facture atteindra donc le montant maximal envisagé, soit 6,4 milliards. À cela s’ajoute une somme de 23,9 millions. Mais la STM soutient qu’il s’agit d’un « budget spécial d’exploitation » requis pour la réalisation du projet. « Ces dépenses [de 23,9 millions] ne sont pas admissibles au financement du gouvernement et seront subventionnées à même le service de dette de la STM », a indiqué Philippe Déry, conseiller corporatif aux relations publiques de l’organisme, dans un courriel. « Le Règlement d’emprunt visé par la STM respecte donc le coût maximal du projet établi annoncé par le gouvernement. »

Le dossier d’affaires final confirmant les investissements de 6,4 milliards devra cependant obtenir l’approbation du Conseil des ministres en décembre prochain.

Dans cette enveloppe, la STM a prévu un montant de près de 820 millions comme réserve pour les imprévus. On évoque notamment les conditions du marché qui pourraient être défavorables et les problèmes qui pourraient survenir dû à la nature des terrains.

La part assumée par le gouvernement du Québec s’élève à 4,4 milliards et celle d’Ottawa à 1,3 milliard. De son côté, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) versera 310 millions et la Société de transport de Montréal, 75,2 millions.

Gonflement de facture

 

Depuis l’annonce initiale du projet en avril 2018, le coût du prolongement de la ligne bleue n’a cessé de grimper. Il y a quatre ans, son coût était estimé à 3,9 milliards de dollars, avant de passer à 4,5 milliards en 2019. Puis, à l’été 2020, en raison de la hausse des coûts d’expropriation de terrains et de l’augmentation des coûts de construction, la facture a bondi à 6 milliards, avant de gonfler à 6,9 milliards en 2021. Devant cette hausse fulgurante, la STM a dû revoir le projet. Certains édicules secondaires ont été éliminés et le terminus Anjou a été reconfiguré.

Le nouveau tronçon de la ligne bleue comprendra un tunnel d’environ 6 kilomètres et 5 stations. Sa mise en service est prévue pour février 2029.

En avril dernier, la STM a lancé un avis de qualification pour le tunnelier qui sera requis pour les travaux d’excavation. Les soumissions reçues seront analysées cet automne et l’appel d’offres sera publié plus tard cette année.

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