Le pape fait acte de contrition face aux survivants des pensionnats

Dans une allocution, le pontife a déclaré qu’il était venu pour s’excuser des torts qui leur ont été infligés par «pas seulement quelques catholiques».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Dans une allocution, le pontife a déclaré qu’il était venu pour s’excuser des torts qui leur ont été infligés par «pas seulement quelques catholiques».

Des survivants des pensionnats pour Autochtones vêtus de jupes traditionnelles à rubans et un aîné tenant une plume faisaient partie d’une délégation qui s’est réunie vendredi pour une audience privée avec le pape François à Québec, au dernier jour de sa tournée canadienne.

Demander pardon

 

Dans l’allocution d’ouverture de la réunion, le souverain pontife leur a affirmé être venu au Canada dans un « esprit de pénitence » afin de demander pardon pour les torts qui leur ont été infligés par « pas seulement quelques catholiques ». « Je suis venu en pèlerin, malgré mes limitations physiques, pour faire de nouveaux pas avec vous et pour vous », a-t-il dit au groupe assis devant lui. « Je fais cela pour que des progrès puissent être réalisés dans la recherche de la vérité, pour que les processus de guérison et de réconciliation puissent se poursuivre, et pour que des graines d’espoir puissent continuer à être semées pour les générations futures — autochtones et non autochtones — qui désirent vivre ensemble, en harmonie, comme des frères et des soeurs. »

La délégation de 25 personnes comptait des survivants et des représentants des Premières Nations de tout l’est du Canada.

François s’est dit enrichi par les histoires des peuples autochtones qu’il a rencontrés au Canada. « Je peux vraiment dire que, pendant que je suis venu pour être avec vous, ce sont votre vie et vos expériences, les réalités autochtones de ces terres, qui m’ont touché, qui me sont restées et qui feront toujours partie de moi », a-t-il souligné.

Il a cité l’exemple de trois femmes, dont Kateri Tekakwitha, la première sainte autochtone, comme source d’inspiration pour suivre le chemin de la réconciliation.

Je peux vraiment dire que, pendant que je suis venu pour être avec vous, ce sont votre vie et vos expériences, les réalités autochtones de ces terres, qui m’ont touché, qui me sont restées et qui feront toujours partie de moi.

Escale à Iqaluit

Au début d’après-midi, l’avion du souverain pontife a décollé en direction d’Iqaluit, sa dernière destination au pays. Il y a tenu des audiences privées avec d’autres survivants des pensionnats, ainsi qu’une rencontre en plein air avec des jeunes et des aînés inuits, avant de s’envoler vers le Vatican.

Au cours de sa tournée canadienne, le souverain pontife s’est excusé à plusieurs reprises pour le rôle joué par des membres de l’Église catholique dans le système des pensionnats pour Autochtones. Des excuses trop timides pour certains, puisqu’elles n’engageaient pas la responsabilité de l’institution qu’il dirige.

D’autres ont aussi soutenu qu’il aurait dû radier la doctrine de la découverte, un édit papal datant du XVe siècle qui accordait la bénédiction de l’Église à la colonisation des Amériques, lors de son passage au Canada.

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