Combien coûtera la visite du pape?

Au total, quatre corps policiers doivent assurer le bon déroulement de l’événement.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Au total, quatre corps policiers doivent assurer le bon déroulement de l’événement.

Il est impossible de savoir exactement combien le gouvernement fédéral devra débourser pour la visite du pape François au Québec. La facture, estimée à des dizaines de millions de dollars, sera en partie gonflée par l’important dispositif de sécurité déployé.

Mardi, à la veille de l’arrivée du souverain pontife à Québec, la forte présence policière se faisait déjà remarquer dans les rues. Phares allumés, des agents à moto et d’imposants véhicules noirs circulaient aux abords des remparts de la capitale nationale.

Au total, quatre corps policiers doivent assurer le bon déroulement de l’événement. Les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) auront en effet du soutien cette semaine. Des policiers montréalais ont été dépêchés à Québec pour l’occasion.

Selon nos informations, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) enverra un « petit contingent » d’officiers de la paix dans la région de Québec mercredi et jeudi. Ces derniers assureront un rôle encore indéterminé, mais le gouvernement fédéral assumera les coûts de leurs « salaires, hôtel et indemnités quotidiennes », tels que déterminés par leur convention collective.

Sous haute surveillance

 

Après Edmonton, où il a passé ses trois premières journées en territoire canadien, le pape François doit traverser le pays mercredi et se rendre dans la capitale québécoise, où il participera à une activité sur les plaines d’Abraham. Il célébrera ensuite la messe au sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré.

C’est la GRC qui mène le bateau pour cette visite attendue, « en étroite collaboration avec le Vatican », a indiqué par courriel la responsable des médias francophones pour la visite papale au Canada, Erika Jacinto. « La GRC assure la sécurité des périmètres des divers sites visités par le pape, a précisé la caporale Tasha Adams, du Bureau des communications du corps policier. La sécurité extérieure des sites, la circulation routière, la gestion de l’ordre public relèvent des services de police locaux compétents. »

Comme une bonne part de la visite papale se déroulera sur son territoire, le SPVQ participera activement à l’événement. Le service policier a toutefois refusé « pour des raisons stratégiques » de révéler combien d’agents seront sur le terrain et s’il s’était procuré de l’équipement spécial.

« Toutefois, ce que nous pouvons dire, c’est que pour la visite papale, l’ensemble du Service de police de la Ville de Québec a été mobilisé. Le [SPVQ] a fait appel à la collaboration de ses membres pour cet événement unique d’envergure. Les effectifs se sont mobilisés en grand nombre, et ce, de façon volontaire. » À la SQ, des agents ont dû faire une croix sur leurs vacances pour participer à la venue du souverain pontife.

« On a réussi quand même à trouver certaines modalités. Mais oui, ça a malheureusement eu des répercussions sur les gens. […] Ce n’est pas quelque chose qu’on aime beaucoup », a soutenu le président de l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec, Dominic Ricard, en entrevue. Les policiers touchés pourront reprendre leurs congés par la suite.

Combien ?

Interrogé sur les sommes qu’il devra débourser pour cette visite organisée tardivement, le ministère québécois de la Sécurité publique a indiqué ne pas connaître ce montant pour le moment. Or, c’est le fédéral qui devrait assumer l’ensemble des coûts afférents, a-t-on indiqué.

« Des discussions sont en cours avec le gouvernement fédéral afin qu’il rembourse les dépenses engagées par le gouvernement du Québec et les municipalités concernées, conformément au Cadre sur les coûts de sécurité des événements internationaux majeurs », a écrit la relationniste Louise Quintin au Devoir.

Cela fait 20 ans qu’un pape n’a pas posé le pied au Canada. Le dernier est Jean-Paul II, en 2002, et auparavant en 1984. Àl’époque,ces deux visites avaient coûté plus de 50 millions de dollars. Ottawa s’est déjà engagé à payer 35 millions de dollars pour soutenir les communautés autochtones et les survivants des pensionnats lors de la visite papale. Pour le reste, « il est encore trop tôt pour fournir des détails sur les coûts », a-t-on indiqué au Devoir.

Les habitants de Québec et de sa région peuvent s’attendre à d’importantes entraves lors de la visite du pape dans la capitale. Les voyageurs peuvent notamment anticiper une « fermeture complète de l’accès à l’aéroport [Jean-Lesage] entre 14 h et 16 h » en raison de l’arrivée par voie aérienne du pape François. Puis, en prévision du passage de la caravane à Sainte-Anne-de-Beaupré, la route 138 sera fermée entre Boischatel et Beaupré jeudi.

Le maire de Québec manquera la visite du pape

Le maire de Québec, Bruno Marchand, a contracté la COVID-19 et n’assistera pas aux cérémonies entourant la venue du pape François dans la capitale nationale.

Le souverain pontife doit atterrir mercredi en milieu d’après-midi à l’aéroport Jean-Lesage. Le maire Marchand ne l’accueillera pas, puisque selon les consignes de santé publique en vigueur, il doit s’isoler pendant au moins cinq jours. C’est lundi qu’un résultat positif à un test de dépistage a confirmé la contamination de l’élu.

Le maire de Québec manquera l’ensemble des activités organisées pendant la venue du pape dans la capitale, comme François partira dès vendredi midi.

« La mairesse suppléante, Mme Catherine Vallières-Roland, prendra sa relève », écrit la Ville dans un communiqué.

Sébastien Tanguay


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