Une Fierté foisonnante et revendicatrice

Les célébrations de la Fierté avait rassemblé des centaines de milliers de personnes lors de la dernière édition, du 9 au 15 août 2021.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les célébrations de la Fierté avait rassemblé des centaines de milliers de personnes lors de la dernière édition, du 9 au 15 août 2021.

Sept jours de festivités, 12 spectacles gratuits, 150 artistes engagés : l’heure des célébrations de la Fierté approche, mais les batailles à mener pour la communauté dite 2SLGBTQIA+ sont encore loin d’être terminées. La 15e édition du festival Fierté Montréal se déroulera du 1er au 7 août sur l’Esplanade du Parc olympique, dans le Village et au centre-ville.

L’ambition de la semaine de la Fierté cette année est d’être plus représentative de la communauté 2SLGBTQIA+ (personnes bispirituelles, lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queers ou en questionnement, intersexuées, asexuées et de diverses orientations sexuelles et identités de genre), qui représente une diversité grandissante.

« Dans chaque décision de programmation, on veut faire entendre des voix », a souligné en conférence de presse mardi Simon Gamache, directeur général de Fierté Montréal. « Ces dernières années n’ont pas été faciles […] et nous avons besoin de nous rassembler. »

Le défilé, qui clôture le festival, portera une série de revendications destinées aux gouvernements et à la population en général. Fierté Montréal revendique un financement pour les organisationscommunautaires 2SLGBTQIA+, la reconnaissance publique du racisme, la gratuité des soins et des opérations d’affirmation du genre, l’interdiction des opérations effectuées sans consentement sur les personnes intersexuées, le financement de l’éducation à la sexualité positive, et des mesures pour briser l’isolement des aînés 2SLGBTQIA+.

La gratuité des traitements pour le VIH et le sida ainsi que la décriminalisation de la non-divulgation du VIH, de la consommation de drogues et du travail du sexe sont aussi parmi les priorités, a indiqué Simon Gamache.

« La communauté fait toujours face à l’homophobie, à la biphobie, à la transphobie et à la lesbophobie », a rappelé le directeur de Fierté Montréal. Il précise que ces revendications ont été élaborées par le secteur communautaire.

Lorsqu’on lui demande si les nombreux défis qui s’imposent à la communauté sont décourageants, il répond par un « non » ferme. La communauté trouve toujours de nouvelles façons d’y faire face, selon lui. Il précise que plusieurs de ses organisations gagneraient à être mieux financées.

Spectacles

 

L’ouverture officielle du festival aura lieu le mercredi 3 août, à 19 h, avec la participation de la légendaire chanteuse Diane Dufresne, sur l’Esplanade du Parc olympique. D’autres artistes, comme le DJ et auteur-compositeur montréalais d’origine congolaise Pierre Kwenders, seront également présents.

Le défilé de 2,9 kilomètres aura lieu le dimanche 7 août, boulevard René-Lévesque, entre la rue Metcalfe (dans l’ancien secteur 2SLGBTQIA+, à l’ouest) et la rue Alexandre-DeSève (au coeur de l’actuel Village, à l’est). Seuls les véhicules verts sont autorisés à participer au défilé. Les festivités se termineront aussi sur l’Esplanade, avec le retour du T-Dance et le spectacle de clôture. L’autrice-compositrice-interprète brésilienne Pabllo Vittar, qui est l’une des drag queens les plus suivies sur les médias sociaux, livrera une performance pour mettre fin au défilé. Ce sera la première fois que l’artiste brésilienne se produit au Canada.

L’organisation dit que le festival est le premier au Québec à être accrédité Commande un angelot, un protocole qui vise à prévenir les violences sexuelles dans les bars et les événements festifs ou sociaux. Sur le site, toute personne craignant pour sa sécurité ou celle d’une autre personne peut demander de l’aide sans avoir à se justifier auprès d’un préposé portant le logo de l’initiative.

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