Des Mohawks manifesteront mercredi contre l’Église catholique

Un groupe de femmes mohawks de Kahnawake prépare une manifestation contre le « génocide » perpétré par l’Église catholique à l’endroit des Autochtones, dans la foulée de la visite du pape au Canada.

Cette manifestation organisée par les kanien’kehà:ka kahnistensera (mères mohawks) — un groupe indépendant du Conseil de bande — doit avoir lieu mercredi après-midi au pied du mont Royal. La montagne a été choisie pour l’événement parce qu’il s’agit d’un lieu « symbolique, dans les récits et la tradition orale, des communautés iroquoises et anichinabées ».

Les organisatrices appellent aussi à ce que la Ville de Montréal fasse « disparaître » la croix sur la montagne dès « maintenant ». Il s’agit « d’un symbole de l’oppression [de l’Église] », selon Okwaraken, leur attaché de presse contacté par Le Devoir.

« Cette semaine est marquée par la visite du pape François en tant que représentant de la corporation la plus génocidaire de l’histoire, l’Église catholique », affirment les kanien’kehà:ka kahnistensera dans un communiqué.

Elles exigent plus que des excuses de la part de l’Église : « Dans la langue iroquoienne parlée par les premier.ère.s habitant.e.s de la vallée du Saint-Laurent, il n’existe pas de mot pour dire “je suis désolé.e”, mais seulement pour dire “je vais réparer” », peut-on lire sur la page Facebook de l’événement.

Okwaraken soutient que l’annonce de la visite du pape au Canada a été reçue « comme une farce, comme une comédie » par les mères mohawks et par plusieurs membres de la communauté. Il déplore qu’aucun prêtre n’ait fait face à des actions judiciaires pour leur traitement des peuples autochtones.

En plus de se porter contre l’Église, les kanien’kehà:ka kahnistensera tiendront une conférence de presse et discuteront de leurs poursuites à la Cour supérieure du Québec pour tenter d’arrêter la construction du projet « Nouveau Vic » de l’Université McGill sur le site de l’ancien hôpital Victoria à Montréal. Elles craignent que des sépultures anonymes se trouvent sous le chantier, mais regrettent qu’aucune fouille archéologique ne soit prévue.

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