La population montréalaise appelée à plafonner

La vie sur l’île de Montréal attire de moins en moins les gens, notamment à cause de l’émergence du télétravail.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La vie sur l’île de Montréal attire de moins en moins les gens, notamment à cause de l’émergence du télétravail.

Le Québec pourrait compter 10 millions d’habitants à l’aube de la décennie 2060, selon les plus récentes projections de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Montréal serait cependant à peine plus populeuse qu’aujourd’hui, car ce sont ses régions limitrophes qui gagneraient en popularité.

La tendance observée durant la pandémie devrait ainsi perdurer. La vie sur l’île de Montréal attire de moins en moins les gens, notamment à cause de l’émergence du télétravail. Lors des prochaines décennies, la population du Québec s’agrandira donc surtout dans les régions de Lanaudière, des Laurentides et de l’Estrie, selon les projections de l’ISQ publiées lundi.

Le revirement est « majeur », observe Frédéric Fleury-Payeur, statisticien à l’ISQ. « Avant la pandémie, un des seuls endroits au Québec où l’on observait une croissance de la population en âge de travailler, c’était Montréal. […] Seulement trois ou quatre MRC sur 104 n’avaient pas amélioré leur solde migratoire en 2019. Et entre 2020 et 2021, une bonne proportion des MRC battaient des records historiques ! »

Si la tendance se maintient, Montréal devrait accueillir 2 088 000 Québécois en 2041, comparativement à 2 036 764 cette année. « Le télétravail est là pour de bon », avance M. Fleury-Payeur. Mais encore faudra-t-il que les prochaines années confirment ce changement de culture.

Le Québec de plus en plus peuplé

 

Les projections sur 100 ans indiquent que la population totale du Québec ne cessera de croître année après année. Et le cap des 10 millions de Québécois devrait être atteint en 2064. « Avec un taux de 1,6 enfant par femme et environ 50 000 immigrants par année, on atteint une forme d’équilibre », explique Frédéric Fleury-Payeur.

Cette hausse de la population totale s’explique aussi par une espérance de vie plus longue et par un vieillissement de la population, même une fois la génération des baby-boomers éteinte. Quelques régions tireront leur épingle du jeu d’ici 2041 en attirant les 20-64 ans, notamment les Laurentides (+8 %), la Montérégie (+7 %) et l’Estrie (+6 %).

Inversement, le bassin de main-d’oeuvre potentielle pourrait décliner de manière notable d’ici 2041 en Abitibi-Témiscamingue (-10 %), dans le Bas-Saint-Laurent (-11 %), au Saguenay–Lac-Saint-Jean (-12 %), en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (-14 %) et sur la Côte-Nord (-22 %).

La méthodologie retenue par l’ISQ précise que « le scénario de référence ne doit donc pas être interprété comme la prévision d’un avenir attendu, mais bien comme la projection d’un avenir possible, si l’on suppose une poursuite des tendances récentes ». Ainsi, des décisions politiques basées sur ces projections pourraient infirmer lesdits pronostics.

10

millions

C’est la population que pourrait atteindre la province de Québec au cours de la
décennie 2060.



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