Le nouvel édicule de la station Mont-Royal inauguré

Invité à commenter ce dossier, le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell, a indiqué qu’une interprétation administrative des normes en vigueur avait été appliquée.
Jacques Nadeau Le Devoir Invité à commenter ce dossier, le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell, a indiqué qu’une interprétation administrative des normes en vigueur avait été appliquée.

Après quatre ans de travaux, le nouvel édicule de la station de métro Mont-Royal a été inauguré mardi matin. Maintenant dotée de deux ascenseurs, elle devient la vingtième station du réseau de métro à être accessible aux personnes à mobilité réduite. Le chantier n’est cependant pas terminé et les escaliers mécaniques ne seront pas en fonction avant l’automne.

Installer des ascenseurs dans des stations déjà existantes est une opération coûteuse et complexe, d’autant que dans le cas de la station Mont-Royal, les autorités ont voulu maintenir l’accès au métro pendant les quatre années du chantier. « On fait face à des contraintes techniques qui ne sont pas facilement surmontables », a expliqué le président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM), Éric Alan Caldwell.

Le nouvel édicule, bâti au coût de 50 millions de dollars, est près de trois fois plus grand que le précédent. Pourvu de baies vitrées qui laissent passer la lumière naturelle et d’un toit vert d’une superficie de 75 mètres carrés, le bâtiment comptera aussi une oeuvre murale réalisée par Simon Bilodeau et baptisée Je reviens chez nous.

La fluidité des déplacements a été améliorée, et les concepteurs ont eu un souci particulier pour la luminosité à l’intérieur de la station. « Un des principes maîtres de la conception des stations de métro depuis les années 1960, c’est l’apport de lumière naturelle le plus profondément dans les stations. C’est ce qu’on a essayé de recréer ici », a expliqué l’architecte Patrice Monfette.

Pour réaliser le projet et ajouter une passerelle au-dessus des voies, la voûte du métro a aussi dû être consolidée. Les matériaux utilisés — les briques brunes des murs et le granit du plancher — sont les mêmes que ceux déjà présents dans la station. Quant aux oeuvres verticales présentes sur les quais, réalisées par Charles Daudelin, elles seront réinstallées après leur restauration.

Une lente progression

 

La station Mont-Royal est la vingtième du réseau du métro à être rendue accessible aux personnes à mobilité réduite. Leur nombre devrait atteindre 30 d’ici 2030. La prochaine station à être prête sera Place-des-Arts, a indiqué la conseillère et vice-présidente du conseil d’administration de la STM, Laurence Parent.

La STM ignore encore quand l’ensemble du métro sera accessible aux fauteuils roulants. « Les stations qui vont rester à faire seront les plus difficiles et les plus onéreuses, prévient Éric Alan Caldwell. Il va falloir, bien entendu, trouver le financement. »

L’opposition à l’Hôtel de Ville a salué l’inauguration du nouvel édicule, mais juge que les progrès en matière d’accessibilité sont trop lents. « Projet Montréal avance à pas de tortue dans la mise en accessibilité universelle des stations de métro. En 2022, seulement 20 stations de métro sont actuellement munies d’ascenseurs sur un total de 68. Ce n’est même pas le tiers ! L’accessibilité des stations de métro doit être une priorité », a commenté la mairesse de Montréal-Nord et membre d’Ensemble Montréal, Christine Black.

La STM accusée de censure

L’Association pour le transport collectif de la Rive-Sud (ATCRS) s’est adressée à la Cour supérieure pour contester la décision de la Société de transport de Montréal (STM) de ne pas autoriser l’affichage dans le métro d’un panneau publicitaire dénonçant la hausse de tarif imposée aux Longueuillois le 1er juillet dernier par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

Selon l’ATCRS, il est injuste que les usagers des transports en commun aient à payer 5,25 $ pour prendre le métro depuis Longueuil, contre 3,50 $ à Montréal. L’organisme s’est vu refuser sa publicité sous prétexte que celle-ci dénigrait le transport.

Invité à commenter ce dossier, le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell, a indiqué qu’une interprétation administrative des normes en vigueur avait été appliquée. « Il y a peut-être une certaine interprétation à revoir et à préciser , a-t-il souligné.  Notre but n’est pas de censurer des gens qui font la promotion de la mobilité durable. »



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