Une grève de 36 heures pour les employés de soutien d’Urgences-santé

Sur les 120 employés de soutien de la société publique paramédicale, 45 ont quitté l’organisation depuis le mois de janvier dernier, soit 37,5 %.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Sur les 120 employés de soutien de la société publique paramédicale, 45 ont quitté l’organisation depuis le mois de janvier dernier, soit 37,5 %.

Déplorant de mauvaises conditions de travail et salariales qui nuisent à la rétention de la main-d’oeuvre, les employés de soutien d’Urgences-santé tiendront une grève de 36 heures la semaine prochaine dans l’espoir d’accélérer les négociations pour le renouvellement de leur convention collective.

Le personnel qui sera en grève est notamment composé de préposés et de mécaniciens qui s’occupent de l’entretien des véhicules ainsi que des équipements médicaux. Cette grève, qui concernera essentiellement des tâches administratives afin de ne pas nuire aux appels d’urgence répondus à Laval et à Montréal par ce service ambulancier, sera déclenchée à minuit lundi et se poursuivra jusqu’à mardi midi.

« Nos négociations sont rendues complètes, mais on ne s’est pas entendu au niveau du salaire », relève en entrevue au Devoir le président du syndicat qui représente ces employés, Marc Dulude. « On a négocié activement, mais malgré beaucoup d’efforts, on n’y est pas arrivé », soupire le leader syndical, qui rappelle que la convention collective du personnel de soutien d’Urgences-santé est échue depuis le 31 mars 2020.

Par ce moyen de pression, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) souhaite dénoncer les mauvaises conditions salariales des employés de soutien d’Urgences-santé, qui nuiraient à la rétention de la main-d’oeuvre au sein de cette organisation. Ainsi, sur les 120 employés de soutien de la société publique paramédicale, 45 ont quitté l’organisation depuis le mois de janvier dernier, soit 37,5 %.

« On n’est plus capable de retenir notre monde et d’en embaucher de nouveau », déplore M. Dulude, dont le syndicat s’est doté d’un mandat de 10 jours de grève le mois dernier. « Notre personnel est rendu à bout. »

Ce manque d’employés touche d’ailleurs « l’ensemble de notre organisation », incluant les paramédics, les techniciens et les commis, relève le porte-parole d’Urgences-santé, Stéphane Smith. « C’est vraiment une pénurie de main-d’oeuvre générale », laisse-t-il tomber.

Recours au privé

 

Afin de pallier ce manque d’employés dans l’organisation, Urgences-santé a récemment octroyé un contrat de 156 000 dollars au secteur privé afin de mandater six employés durant dix semaines, mentionne la FSSS-CSN. Une mesure « temporaire » qui vise à éviter des bris de service à court terme, tout en permettant à des employés de soutien « de pouvoir prendre des vacances », fait valoir M. Smith. Mais le syndicat ne voit pas cette décision du même oeil.

« Nous nous expliquons bien mal que le Conseil du trésor autorise des dépenses aussi importantes vers une entreprise privée, alors qu’il refuse la mise en place des mesures incitatives qui nous permettraient de revaloriser les emplois sans avoir recours à de la sous-traitance », a réagi par voie de communiqué le représentant du secteur préhospitalier au sein de la fédération syndicale, Jean Gagnon.

D’autres journées de grève sont à prévoir « d’ici au mois de septembre », lorsque les négociations syndicales devraient reprendre, indique Marc Dulude. « C’est sûr que ce n’est pas évident pour tout le monde. On a hâte que les négociations se concluent », note pour sa part M. Smith.

Le Conseil du trésor n’a pas répondu aux questions du Devoir, samedi.

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