Peu de places aux survivants des pensionnats autochtones à la messe du pape à Québec

Le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, déplore que seulement 400 places seront réservées aux survivants des pensionnats pour Autochtones à la messe du pape à Québec, alors qu’il estime leur nombre à quelques milliers chez les Premières Nations.
Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, déplore que seulement 400 places seront réservées aux survivants des pensionnats pour Autochtones à la messe du pape à Québec, alors qu’il estime leur nombre à quelques milliers chez les Premières Nations.

Un regroupement de Premières Nations a manifesté vendredi sa déception et son inquiétude après avoir appris que seulement 400 places seront réservées aux survivants des pensionnats pour Autochtones à la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré lors de la visite du pape François, le 28 juillet prochain.

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) demande à l’Église que la réconciliation et la guérison des survivants des pensionnats demeurent au coeur de la visite du pape François.

Le site web du Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré signale que les organisateurs de la messe papale prévoient qu’entre 10 000 et 15 000 personnes pourront y assister avec de l’espace pour les invités à l’intérieur et à l’extérieur de la basilique. Une diffusion de la messe sera également offerte sur les Plaines d’Abraham à Québec.

Le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, déplore que son organisation ne dispose que de quelques jours pour fournir 400 noms, alors qu’il estime le nombre de survivants des pensionnats à quelques milliers chez les Premières Nations.

« Comme le focus de cette visite-là, selon l’Église, c’est de livrer des excuses ici même au Canada aux survivantes et aux survivants, eh bien, sur 1600 places, on devrait au moins avoir la moitié », estime-t-il.

Selon les plans actuels, il semblerait que le pape va se rendre à la basilique pour prononcer des excuses devant un parterre de gens majoritairement composé de personnes qui ne sont pas concernées.

Le chef Picard croit qu’il est essentiel d’assurer aux survivants une proximité avec le pape, car l’événement représente pour eux un pas essentiel dans leur cheminement vers la guérison. C’est l’objectif même de la visite du pape, d’ajouter le chef Picard.

Il rappelle que les excuses de l’Église sont attendues depuis longtemps et qu’elles doivent se faire dans l’accueil et la compassion.

« Y a-t-il moyen que la visite soit à la hauteur de ce qu’attendent les survivantes et les survivants ? C’est la seule question à poser là », plaide M. Picard.

« Si l’intention réelle du Vatican c’est de permettre ce contact-là, de façon à contribuer au processus de guérison des survivantes et des survivants, bien je pense qu’on devrait attacher un peu plus d’importance à la présence de ceux-ci », renchérit-il.

Il est prévu que le pape François arrive à Québec le 27 juillet, en milieu d’après-midi. Il doit d’abord se rendre à la rencontre de représentants de l’État à la Citadelle de Québec et aux Plaines d’Abraham.

La messe à Sainte-Anne de Beaupré aura lieu le lendemain à 10 h 00. En après-midi, il rencontrera plusieurs membres du clergé, des diacres et des agents de pastorale à la Cathédrale-Basilique Notre-Dame de Québec. Jeudi, le 29 juillet, le pape aura des entretiens privés à Québec avec les membres de la compagnie de Jésus avant d’avoir une rencontre avec une délégation d’Autochtones de l’est du Canada à l’Archevêché de Québec.

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador réunit 43 chefs.

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