Une trentaine de ménages montréalais devront être hébergés à l’hôtel le 1er juillet

Actuellement, 81 ménages sont toujours accompagnés activement par le service de référencement de l’OMHM, à quelques jours du 1er juillet.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Actuellement, 81 ménages sont toujours accompagnés activement par le service de référencement de l’OMHM, à quelques jours du 1er juillet.

Faute d’avoir trouvé un logement où déménager avant la fin de leur bail, une trentaine de ménages locataires pourraient devoir être hébergés d’urgence à l’hôtel le 1er juillet par l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM). Une prévision qui pourrait « évoluer » dans les prochains jours, précise l’organisme.

« On est prêts », a assuré mardi le responsable de l’habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal, Benoit Dorais, lors d’un point de presse tenu à 11 h 30 dans l’arrondissement du Sud-Ouest au sujet des derniers préparatifs en vue de la journée traditionnelle des déménagements, vendredi. Dans les derniers mois, l’OMHM a reçu un millier d’appels de ménages locataires dans le besoin, dont 456 appels, jugés plus problématiques, qui concernaient une « perte de logement ».

Actuellement, 81 ménages sont toujours accompagnés activement par le service de référencement de l’organisme, à quelques jours du 1er juillet.

« Ce sont des ménages qui n’ont aucune solution en matière de logement, qui éprouvent des problèmes sérieux et qui ont besoin d’être soutenus de façon plus forte par nos services », a expliqué mardi le directeur de la gestion des demandes, des logements abordables et des suppléments au loyer à l’OMHM, Vincent Brossard.

Certains de ces ménages locataires pourront se tourner temporairement vers des proches qui pourront les héberger ou encore négocier une prolongation de leur bail. Certains locataires ne disposant pas de telles solutions de rechange n’auront toutefois d’autre choix que d’être hébergés à l’hôtel aux frais de la Ville jusqu’à ce que leur situation se stabilise. « On estime qu’une trentaine de ménages vont avoir besoin d’un hébergement d’urgence au 1er juillet », indique M. Brossard.

Le directeur du service des communications de l’OMHM, Mathieu Vachon, précise qu’il est « fort probable » que cette estimation « évoluera » dans les prochains jours, en fonction des demandes reçues par l’organisme. « On pourra faire un vrai bilan sommaire la semaine prochaine », indique-t-il par courriel.

Au cours des dernières années, le nombre de ménages à faible revenu que l’OMHM a dû héberger temporairement à partir de la période des déménagements n’a cessé de grimper, passant de 52 en 2019 à 104 en 2020, puis à 127 l’an dernier, selon des données obtenues par Le Devoir en avril dernier. Le Service de l’habitation de la Ville prévoyait alors une nouvelle hausse de 10 à 25 % cette année du nombre de ménages locataires sans logis le 1er juillet.

« On constate que la méthode utilisée chaque année par l’administration n’empêche pas l’augmentation du nombre de ménages hébergés lors de la crise du 1er juillet. Nous devons explorer d’autres façons de faire pour aider les Montréalais », affirme d’ailleurs le chef d’Ensemble Montréal, Aref Salem, dans une réaction écrite acheminée aux médias mardi. L’élu a ainsi de nouveau déploré que la Ville ait rejeté sa demande, effectuée en février dernier, de « créer une banque de 100 logements abordables en prévision du 1er juillet » en aidant des groupes communautaires à louer ceux-ci sous le prix courant, puis à les céder à des locataires.

« On ne peut pas espérer des résultats différents en utilisant les mêmes méthodes année après année », a ajouté l’élu de l’opposition.

Benoit Dorais a pour sa part souligné l’augmentation constante du budget du service de référencement de l’OMHM dans les dernières années. La somme qui est allouée à celui-ci cette année atteint ainsi plus de 3,5 millions.

Le rôle d’Airbnb

Questionné sur les facteurs contribuant à la crise du logement abordable dans la métropole, M. Dorais a vivement critiqué les propriétaires qui décident de louer « illégalement » leur appartement sur des plateformes de location à court terme comme Airbnb. Dans plusieurs arrondissements centraux de la métropole, les résidences de tourisme de ce type ne sont permises que sur certains tronçons de rues commerçantes, mais l’encadrement de ces règles de zonage s’avère complexe.

« À partir du moment où vous avez un grand logement, mais que vous décidez de faire de l’hébergement [touristique] illégal pour faire plus d’argent […] moi, c’est quelque chose qui me pue littéralement au nez », a lâché M. Dorais en point de presse. Selon des données d’Inside Airbnb obtenues par Le Devoir, la métropole compte près de 9000 logements entiers mis en location sur Airbnb, soit environ 1 % de son parc locatif.

Benoit Dorais a par ailleurs pressé Québec et Ottawa de s’entendre sur les paramètres du Fonds national de co-investissement pour le logement, créé en 2018. L’achoppement des discussions dans ce dossier retarde la construction et la rénovation de milliers de logements sociaux dans la métropole, dévoilait lundi Radio-Canada. Or, pendant ce temps, la valeur des terrains continue de grimper, limitant les possibilités qu’offre ce fonds en matière de logements sociaux qui verront éventuellement le jour.

« Grouillez-vous ! Le temps, c’est de l’argent pour vrai », a lancé mardi Benoit Dorais, visiblement irrité

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C’est le nombre d’appels, sur les milliers reçus de ménages locataires par l’OMHM au cours des derniers mois,
qui étaient jugés problèmatiques car ils concernaient une « perte de logement ».



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