Des jeunes de la DPJ hébergés dans des lieux inadéquats, selon un rapport

Une trop forte demande pour des places dans la région en centre de réadaptation serait à l’origine de cette situation de surpeuplement des unités d’hébergement.
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Une trop forte demande pour des places dans la région en centre de réadaptation serait à l’origine de cette situation de surpeuplement des unités d’hébergement.

Pas de chambres, juste un dortoir avec des espaces séparés par des rideaux ou des paravents, et peu de meubles adéquats : la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) a réalisé une enquête, et elle affirme aujourd’hui qu’un centre d’hébergement pour adolescents de la DPJ de la Mauricie–Centre-du-Québec présente d’« importantes lacunes ».

En février 2022, la Commission a déclenché elle-même une enquête sur cette situation révélée par des médias. Elle a envoyé des professionnels sur place, sans annoncer leur venue au centre de réadaptation.

 

Dans la région, une trop forte demande pour des places dans de tels centres d’hébergement pour adolescents placés sous la protection de la DPJ serait à l’origine de cette situation de surpopulation, qui durait depuis deux ans.

Durant l’enquête de la Commission, l’établissement — qui accueille des jeunes de 12 à 17 ans — a démantelé ces installations temporaires et s’est engagé à ne plus les utiliser.

Une aile d’un autre centre a été convertie afin d’accueillir deux unités de débordement dans des locaux adéquats, avec des chambres « dignes de ce nom », rapporte en entrevue Suzanne Arpin, vice-présidente jeunesse de la CDPDJ. Les mesures correctrices apportées ont été jugées « satisfaisantes ».

Quand on intervient, les établissements deviennent « assez inventifs », a ajouté la vice-présidente, qui salue les médias qui ont dénoncé la situation.

Manque d’intimité

L’hébergement de ces adolescents était inadéquat, dit-elle, car il y avait un manque total d’intimité : ils dormaient les uns à côté des autres, sur des bases de lit « très minimales », avec un petit casier de plastique pour leurs effets personnels.

« Si vous voulez aller en colonie de vacances, c’est votre choix. Mais quand on vous impose un milieu de vie, je pense que le minimum auquel on peut s’attendre, c’est qu’ils [les adolescents] aient une certaine intimité. »

À cet âge, « ils ont besoin de moments de réflexion et de retrait. Ce sont des jeunes qui vivent déjà des difficultés personnelles et qui sont exposés à beaucoup de stimuli » dans un tel milieu de vie. Quand seulement un rideau les sépare des autres, « c’est très difficile à vivre ». « Et ce n’est pas ce qu’on attend d’un établissement public. »

Le centre et le CIUSSS de la Mauricie–Centre-du-Québec se sont toutefois mobilisés rapidement pour régler la situation, ajoute Mme Arpin.

La Commission demeure toutefois inquiète, car il manque de personnel dans la région : le CIUSSS est aux prises avec un problème de recrutement de main-d’oeuvre. Les ratios jeunes/éducateur sont respectés pour le moment, à cause de l’embauche de personnel étudiant pour l’été, mais la venue de l’automne suscite des craintes.

De plus, il y a aussi une pénurie de places en familles d’accueil dans la région, ce qui aurait pu permettre d’accueillir des jeunes n’ayant plus besoin de vivre dans un centre de réadaptation.

Cette situation n’est pas une première, selon Mme Arpin, qui signale qu’elle se produit « cycliquement » : tous les trois ou quatre ans, la CDPDJ est avisée qu’un centre d’hébergement est surpeuplé et que les jeunes résidents n’ont plus des conditions de vie appropriées, dit-elle.

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