Que nous réserve la COVID-19?

Deux grandes incertitudes voilent l’avenir de la pandémie : « à quel point notre immunité peut tenir longtemps et efficacement ? […] Et à quoi ressemblera le prochain variant ? »
Hector Retamal Agence France-Presse Deux grandes incertitudes voilent l’avenir de la pandémie : « à quel point notre immunité peut tenir longtemps et efficacement ? […] Et à quoi ressemblera le prochain variant ? »

Ce texte est tiré du Courrier du coronavirus du 20 juin, le dernier de la série. Pour vous abonner à l'une de nos infolettres, cliquez ici.

Malgré des milliers d’articles scientifiques à son sujet, le coronavirus responsable de la COVID-19 cache encore quelques secrets. Quels sont-ils, à commencer par sa trajectoire cet automne ?

Deux grandes incertitudes voilent l’avenir de la pandémie, selon Marc Brisson, spécialiste en modélisation mathématique liée aux maladies infectieuses à l’Université Laval. « À quel point notre immunité peut tenir longtemps et efficacement ? […] Et à quoi ressemblera le prochain variant ? »

Le risque d’un nouvel événement « à la Omicron », où le virus mute suffisamment pour relancer une grande vague de contaminations, est de l’ordre de 30 %, selon les experts. Mais il ne s’agit que d’une estimation théorique.

Quant à notre immunité collective, acquise grâce au vaccin et à l’infection, son niveau est jugé « assez bon » par les spécialistes québécois.

Mais est-ce que cette protection se prolongera jusqu’au retour des maladies virales à l’automne ? Dur à dire. Les plus vulnérables tiendront sans doute le rôle du canari dans la mine. « Il faudra bien surveiller les personnes de 65 ans et plus pour s’assurer que la protection dure à travers le temps », note Marc Brisson.

Une des certitudes avec la COVID-19, c’est qu’il faut s’attendre à des surprises, évoque le professeur de l’Université Laval. « On a appris une chose : si on était restés avec le virus original, on n’aurait pas d’autres vagues. Si on était restés avec le premier variant, il n’y en aurait pas eu, de 5e ou 6e vagues. Mais, chaque fois, on a eu un nouveau variant qui a échappé à l’immunité. »

L’autre incertitude, c’est le moment où apparaîtra ce nouveau variant. Cet été, à l’automne, ou tout juste avant Noël ? « À mon avis, personne n’est capable de le prévoir », indique Marc Brisson. « Il faut rester vigilant. Si les mutations restent mineures, avec une protection qui persiste, il y a très peu de potentiel épidémique. »

Les autres mystères

 

La fameuse « COVID longue » fait partie des autres mystères pandémiques. La proportion des malades qui souffrent de symptômes durant des mois varie, selon les estimations, entre 5 % et 50 %. Très peu de traitements existent pour l’instant contre ce mal qui handicape une large part de nos sociétés.

Les remèdes ont tout de même progressé, avec notamment l’apparition d’antiviraux comme le Paxlovid. « Ce qui est rassurant, c’est que lorsque les agents antiviraux sont sortis, les recherches n’ont pas cessé », souligne le virologue Benoit Barbeau. Les études sur des « immunomodulateurs » promettent notamment la découverte de traitements pour les personnes vulnérables.

Sans compter le futur des vaccins, qui semble prometteur. « On peut espérer que les vaccins plus locaux pourront nous être fournis et démontreront une efficacité », indique Benoit Barbeau. « Quant à un vaccin universel [contre tous les coronavirus], c’est un voeu pieux, ce n’est pas pour demain. »

Les effets de la COVID-19 chez les enfants demeurent aussi un grand mystère. Tant la capacité des plus jeunes à résister au virus que les symptômes étranges associés à l’infection infantile.

Il y a aussi, enfin, l’origine de la pandémie, qui reste à certifier. Il est fort probable qu’une zoonose présente à Wuhan ait déclenché la crise, mais l’OMS a récemment relancé le débat. Sans identification du « réservoir biologique », c’est-à-dire de la bande d’animaux porteurs du virus originel, il est impossible de couler l’histoire dans le béton.

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