Les camps d’été confrontés à une pénurie de personnel post-pandémie

Cette année, les restrictions ayant pratiquement disparu, les opérateurs attendaient avec impatience un retour à la normale.
Archives Le Devoir Cette année, les restrictions ayant pratiquement disparu, les opérateurs attendaient avec impatience un retour à la normale.

Bien que les restrictions sanitaires aient été levées, certains gestionnaires de camps d’été disent être aux prises avec des problèmes de personnel liés à la pandémie de COVID-19.

Le propriétaire et fondateur de Baseline Sports, Raf Choudhury, dit qu’il embauche normalement entre 15 et 20 jeunes adultes pour travailler dans ses camps d’été dans la région de Toronto. Mais cette saison, il n’a réussi à embaucher que cinq personnes.

M. Choudhury a l’impression que les jeunes qu’il recrutait normalement ont réalisé pendant la pandémie qu’ils appréciaient leurs loisirs d’été et qu’ils ont décidé de moins travailler cette année ou de ne pas du tout avoir d’emploi estival.

«J’ai l’impression qu’il y a plus de demandes, mais nous ne pouvons pas répondre à la demande en raison de problèmes de personnel, a indiqué M. Choudhury. Même si je voulais m’étendre et aller sur plus d’endroits, ce n’est pas faisable pour le moment.»

M. Choudhury embauche des jeunes – généralement des jeunes adultes entre 18 et 20 ans – pour superviser ses trois camps de sports de plein air. Après deux ans de pandémie mondiale, ils semblent avoir d’autres priorités, constate-t-il.

Le directeur du Camp Temagami dans le nord-est de l’Ontario, Nick Georgiade, affirme toutefois qu’embaucher du personnel est un défi chaque année et qu’il n’a pas eu plus de mal à trouver des gens.

Le camp Temagami propose des excursions en canoë dans des régions aussi éloignées que le Labrador. Cependant, ces camps de canoë nécessitent de nombreux cours et certifications qui ont été interrompus pendant la pandémie, ce qui signifie que M. Georgiade a dû commencer à engager et à organiser la formation de son personnel beaucoup plus tôt dans l’année.

En effet, les cours de premiers soins et de survie en milieu sauvage n’étaient pas proposés durant la crise sanitaire. Le personnel chargé des voyages cette année a dû suivre une formation et une re-certification coûteuse.

M. Georgiade a mentionné que son entreprise a organisé et payé ces cours. «Vous devez essentiellement leur faciliter la tâche, sinon c’est une barrière à l’entrée», a-t-il indiqué.

C’est un autre coût substantiel dans une année de forte inflation, a-t-il dit, ajoutant qu’il s’attend à ce que les seuls coûts alimentaires soient de 20 à 25 % plus élevés cette année.

Les tarifs ont été établis en septembre pour cette saison, a expliqué Nick Georgiade, sans savoir que le coût de la vie grimperait de la sorte.

 

Moins d’enfants pourront aller aux camps

Le directeur général du Timberline Ranch à Maple Ridge, en Colombie-Britannique, Craig Douglas, a soutenu samedi qu’il était plus difficile d’embaucher du personnel cette année qu’au cours des 16 années précédentes où il a été avec l’entreprise.

M. Douglas, également vice-président de la British Columbia Camps Association, a déclaré que Timberline Ranch n’est pas seul: de nombreux opérateurs de camps ont été contraints de réduire des programmes ou d’accepter moins de campeurs parce qu’ils ne trouvent pas suffisamment de personnes pour travailler.

«Le résultat final, malheureusement, est que moins d’enfants pourront aller au camp cet été», a-t-il expliqué.

La pandémie de COVID-19 a forcé de nombreux camps à fermer complètement en 2020, puis à fonctionner avec des mesures sanitaires strictes l’été dernier. Cette année, les restrictions ayant pratiquement disparu, les opérateurs attendaient avec impatience un retour à la normale. Les camps privés espéraient commencer à récupérer les pertes, a mentionné M. Douglas.

Mais les fermetures ont coupé une source clé de personnel pour de nombreux camps, a-t-il ajouté. Les jeunes qui quittent les programmes d’été reviennent souvent au cours des années suivantes pour travailler comme moniteurs et les opérateurs comptent sur cette continuité, a-t-il ajouté. La pandémie de COVID-19 a brisé ce maillon de la chaîne.

Les restaurants et les magasins de détail ont également du mal à trouver des employés, a-t-il souligné, ce qui signifie que les futurs moniteurs du camp ont une myriade d’emplois d’été parmi lesquels choisir.

Timberline, qui est un organisme de bienfaisance, a augmenté les salaires, raccourci la semaine de travail et mis en place plusieurs activités et avantages pour le personnel dans le but d’attirer des employés, a fait savoir M. Douglas. Le camp emploie normalement environ 80 personnes pour ses campeurs de 24 jours et 144 pour la nuit. Avec la formation du personnel qui commence vendredi, l’organisation manque toujours de cinq employés clés.

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