Des militantes alertent sur la prostitution juvénile lors du Grand Prix

Elles projetteront le film «Noémie dit oui» sur le site des festivités du Grand Prix samedi soir.
Photo: Rendez-vous Québec Cinéma Elles projetteront le film «Noémie dit oui» sur le site des festivités du Grand Prix samedi soir.

Des militantes contre l’exploitation sexuelle prévoient faire un grand coup d’éclat samedi soir en projetant sur le site des festivités du Grand Prix le film coup de poing Noémie dit oui, qui dénonce crûment la prostitution juvénile durant l’événement.

À l’affiche depuis la fin avril, Noémie dit oui raconte l’histoire d’une adolescente de 15 ans (Kelly Depeault) qui, après avoir fugué de son centre jeunesse, finit par accepter de se prostituer lors du week-end du Grand Prix. Une décision qu’elle finira par regretter amèrement, comme en fait foi la noirceur de la seconde partie du film.

« On est conscients que les gens qui viennent au Grand Prix ne sont pas tous des exploiteurs sexuels. Mais quand on va être sur le site, c’est sûr qu’il va y en avoir autour de nous. Et même pour les autres, c’est important qu’ils soient sensibilisés à cette réalité, et c’est ce que fait le film », soutient la réalisatrice, Geneviève Albert, qui est épaulée par la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) dans cette action. 

Les participantes comptent se présenter sur le site durant la soirée de samedi et s’asseoir en pleine rue pour écouter Noémie dit oui. On ne précise pas pour l’heure combien de personnes sont attendues.

Hausse de la demande

 

Les organismes qui luttent contre l’exploitation sexuelle citent depuis des années le week-end du Grand Prix comme le moment faste de l’année pour la prostitution, dont celle de mineures. Un constat que tendent à nuancer les groupes qui défendent les droits des travailleuses du sexe. Ces derniers reprochent plutôt aux organismes comme la CLES de verser dans le sensationnalisme en adoptant un discours qui légitime la répression policière.

« C’est très particulier, le mouvement pro-prostitution. Je veux bien que la prostitution représente une expérience positive pour certaines femmes. Mais c’est une infime minorité. Pour la plupart, c’est une expérience très douloureuse. Moi, je veux vivre dans une société où il y a moins de prostitution. Et la réalité, c’est que dans le temps du Grand Prix, il y a une hausse de la demande et il y a plus de fugues dans les centres jeunesse », rétorque Geneviève Albert, qui a fait plusieurs années de recherche sur la prostitution juvénile en amont de son premier long métrage.

La réalisatrice ne fait cependant pas partie de celles qui prônent l’abolition du Grand Prix. En début de semaine, une pétition a même été mise en ligne pour exiger la fin de l’événement, pour des raisons écologiques surtout, mais aussi parce qu’il est associé indirectement à l’exploitation sexuelle.

« Si les gens trippent sur la Formule 1, je n’ai pas de problème. Moi, j’en ai contre la prostitution. Je pense que la faute revient aux personnes qui achètent des services sexuels, et non aux organisateurs. Cela dit, la Formule 1 est très au courant du problème dans toutes les villes où elle passe, et elle ne fait rien », raisonne Geneviève Albert, tout en étant parfaitement consciente que la prostitution juvénile reste un problème majeur le reste de l’année à Montréal.

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