Un des accusés liés au convoi de camionneurs qui a bloqué Ottawa plaide coupable

Des manifestants à bord de camions ont bloqué les rues pendant des semaines, formant des campements, forçant des entreprises à fermer et suscitant, au centre-ville d’Ottawa, un sentiment décrit comme de « l’anarchie » par la police et des politiciens.
Jacques Nadeau Le Devoir Des manifestants à bord de camions ont bloqué les rues pendant des semaines, formant des campements, forçant des entreprises à fermer et suscitant, au centre-ville d’Ottawa, un sentiment décrit comme de « l’anarchie » par la police et des politiciens.

Tyson Billings est sorti mercredi du palais de justice d’Ottawa en brandissant un drapeau du Canada, sous un tonnerre d’acclamations et de klaxons, après avoir plaidé coupable à un chef d’accusation lié au Convoi de la liberté.

« Freedom George » a plaidé coupable à l’accusation d’avoir conseillé de commettre des méfaits, liée à sa participation à la manifestation qui a paralysé une partie du centre-ville d’Ottawa en février. Il a été condamné à une peine de prison équivalente aux jours déjà passés en détention préventive depuis février, à condition de ne pas troubler l’ordre public. Il devra aussi respecter une période de probation de six mois.

Surnommé « Freedom George » par ses camarades manifestants, Tyson Billings aura passé 116 jours en prison avant de plaider coupable à l’accusation d’avoir conseillé de commettre un méfait. En échange de ce plaidoyer, la Couronne a retiré d’autres accusations, notamment d’intimidation, d’entrave au travail des policiers, de méfait et de désobéissance à une ordonnance du tribunal.

Le procureur de la Couronne Moiz Karimjee a déclaré devant le tribunal qu’il aurait pu chercher à prouver les autres allégations portées contre M. Billings et demander une peine de prison plus longue, mais il a choisi de ne pas le faire compte tenu du fait que cet accusé est le premier acteur du convoi à accepter la responsabilité de ses actes. Le procureur a également pris soin de souligner que l’accusé n’était pas l’un des leaders de ces manifestations.

« Je ne regrette rien : je suis un combattant de la liberté », a lancé M. Billings devant le palais de justice d’Ottawa, quelques minutes après sa libération, sous les encouragements d’une cinquantaine de sympathisants, dont certains avaient participé avec lui aux manifestations de février.

Tyson Billings a été une figure clé des trois semaines de manifestations contre les mesures sanitaires obligatoires visant à freiner la propagation de la COVID-19 — mais aussi contre le gouvernement fédéral en général.

Des manifestants à bord de poids lourds ont bloqué les rues pendant des semaines, érigeant des campements, forçant des petits commerces à fermer et suscitant, au centre-ville d’Ottawa, un sentiment décrit comme de « l’anarchie » par la police et des politiciens.

Selon un exposé conjoint des faits lu à haute voix devant le tribunal, M. Billings était apparu dans des vidéos sur les médias sociaux désobéissant aux points de contrôle de la police érigés pour empêcher les manifestants d’entrer au centre-ville d’Ottawa et encourageant les autres à déjouer également les points de contrôle. M. Billings s’était aussi enregistré dans des vidéos où il tenait un discours belliqueux envers la police et encourageait les autres manifestants à tenir bon.

« Je me suis laissé emporter par les événements, bien sûr — qui ne le serait pas ? », a déclaré M. Billings à sa sortie du tribunal. « Je ne regrette rien. »

Avant d’être libéré par le tribunal, M. Billings a écouté la procédure judiciaire depuis le box des accusés, les bras croisés sur un t-shirt noir sur lequel on pouvait lire « Craignez Dieu, pas la COVID ».

M. Billings était au départ coaccusé dans ce procès avec l’un des principaux organisateurs des manifestations, Pat King. Maintenant que les autres accusations contre M. Billings ont été retirées, M. King devra faire face à ces accusations seul et son procès devrait se dérouler comme prévu.

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