La Ville de Québec a tardé à corriger les lacunes de son système de répartition

Il a fallu qu’une attaque au sabre survienne dans le Vieux-Québec pour que les correctifs nécessaires soient apportés à des problèmes connus depuis un an, note le VG.
Photo: Renaud Philippe Archives Le Devoir Il a fallu qu’une attaque au sabre survienne dans le Vieux-Québec pour que les correctifs nécessaires soient apportés à des problèmes connus depuis un an, note le VG.

Le vérificateur général (VG) critique la façon dont la Ville de Québec a mis en service un nouveau système de répartition pour ses services d’urgence. Il a fallu qu’une attaque au sabre survienne dans le Vieux-Québec pour que les correctifs nécessaires soient apportés à des problèmes connus depuis un an.

À sa mise en place en mai 2019, après trois ans de retard, la répartition assistée par ordinateur, ou RAO, qui coordonne notamment le déploiement des unités en cas d’urgence, connaissait déjà des ratés. « La complexité du projet a été sous-estimée au départ, note le vérificateur général de la Ville, Michel Samson. La gestion des risques a été inadéquate. »

Ces lacunes ont entraîné, poursuit le VG, « plusieurs reports dans l’implantation de la RAO, une perte de confiance des personnes qui se servent du système […] et une augmentation des coûts » de l’ordre de 20 %.

Quatre mois après la mise en service du nouveau système, seulement « 28 % des personnes étaient satisfaites » de sa convivialité, « 31 % de sa fiabilité et 45 % de la qualité des réponses et des solutions obtenues ».

Les ratés du système étaient connus du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), mais il a fallu qu’une tragédie survienne dans les rues de la ville pour que l’équipe de gestion de crise les règle, note le vérificateur général. Le 31 octobre 2020, Carl Girouard, récemment reconnu coupable de meurtres au premier degré, parcourait les rues du Vieux-Québec sabre à la main, tuant deux personnes et en blessant cinq autres.

« De nombreux problèmes survenus après l’implantation de la RAO ont tardé à être résolus, et ce, jusqu’à l’incident [sic] de l’Halloween 2020, mentionne Michel Samson dans son rapport déposé mardi matin. Les utilisatrices et utilisateurs du système de RAO ont rapporté de nombreux problèmes qui n’ont pas été traités efficacement peu après son implantation, et ce, jusqu’en novembre 2020. »

Encore des lacunes

 

Le vérificateur général déplore aussi la formation inadéquate donnée aux usagers du nouveau système en amont de son implantation. La Ville, écrit le VG, a voulu mettre l’accent sur les avantages amenés par la nouvelle répartition assistée. « Les mesures mises en place n’ont pas permis aux personnes qui se servent du système de prendre conscience de l’importance du changement à venir et de s’y adapter », critique M. Samson.

Si la police a maintenant corrigé la plupart des problèmes liés à la RAO, il en va autrement avec le Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec (SPCIQ).

« Certains problèmes et certaines préoccupations persistaient en février 2022 », souligne M. Samson. L’acheminement des unités pour certaines adresses et l’affectation de l’équipe de sauvetage à un incendie, notamment, font partie des lacunes qui demeuraient à résoudre en début d’année.

La Ville, note le vérificateur général, devra rapidement évaluer quelle suite donner à sa RAO. « En juillet 2025, le fournisseur du système d’exploitation des serveurs sur lesquels repose le nouveau système de RAO n’offrira plus de mises à jour ni de soutien technique. La Ville devra prendre une décision dans les prochaines années quant à l’avenir du système de RAO, écrit Michel Samson. Elle a d’ailleurs entamé des démarches pour évaluer les différentes options qui s’offrent à elle. »

Salle des équipements accessible à un grand nombre

Le rapport du vérificateur général tacle aussi la nonchalance avec laquelle la police de Québec répertorie et protège son équipement.

 

Certains objets figurent à l’inventaire, note M. Samson, même s’« ils n’existent plus ». L’accès à la voûte, déplore encore le VG, est trop largement distribué.

Au SPVQ, sur un service qui compte 800 policiers et policières, 559 personnes ont accès à la salle des équipements, mentionne le rapport. Des employés conservent la carte magnétique qui leur en permet l’accès, même s’ils ont quitté le service depuis plus d’un an.

« L’accès physique aux équipements susceptibles de mettre en cause la sécurité nécessite d’être resserré», souligne le vérificateur général.

Encore du chemin pour valoriser les déchets

 

Le rapport s’attarde également au sujet de la gestion des matières résiduelles par la Ville. Cette dernière ambitionne de revaloriser « 82 % des matières produites sur le territoire en 2028 ».

Il faudra que Québec mette les bouchées doubles pour y parvenir, insiste le VG. « Le taux de valorisation global, notre M. Samson, se situait à 52,1 % en 2019, ce qui est encore bien en deçà de la cible de 82 % à atteindre en 2028. »

Le VG recommande que l’ensemble des immeubles de logements soient desservis adéquatement par la cueillette du recyclage, ce qui n’est pas le cas présentement. Il préconise aussi de « mener une grande campagne d’information […] sur la saine gestion des matériaux de construction, de rénovation et de démolition », qui fait l’objet d’une valorisation bancale, selon ses observations.

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