Peu de progrès dans le traitement réservé aux femmes autochtones, estime un groupe

Ottawa a publié vendredi son propre rapport de progression.
Adrian Wyld La Presse canadienne Ottawa a publié vendredi son propre rapport de progression.

L’Association des femmes autochtones du Canada affirme que le gouvernement fédéral a réalisé peu de progrès au cours de la dernière année dans son plan d’action pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes de diverses identités de genre autochtones.

Il y a eu des engagements de financement, mais peu a été fait pour soutenir directement les victimes et les familles, selon une analyse publiée vendredi par l’association.

Le plan d’action national figurait en tête des 231 appels à la justice lancés par l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dans son rapport final, il y a trois ans.

L’association était l’un des groupes travaillant avec Ottawa sur le plan, mais s’est éloignée en disant que l’exercice était fondamentalement défectueux et à caractère politique.

Le Cercle national de la famille et des survivants a participé à l’élaboration du plan et les membres de ce groupe devraient prendre la parole plus tard vendredi.

Le premier ministre Justin Trudeau doit rencontrer des victimes et participer à une cérémonie privée dans la région de la capitale nationale.

L’Association des femmes autochtones du Canada a suivi les engagements pris par le gouvernement dans son plan et évalué leur mise en œuvre.

Des progrès ont été réalisés au cours des 12 derniers mois sur certaines actions, mais peu ou pas du tout sur d’autres, indique l’organisation.

«Aujourd’hui, nous constatons les tristes résultats de la faible réponse du gouvernement face aux crimes commis contre les femmes, les filles et les personnes de diverses identités de genre, a déclaré la PDG Lynne Groulx. Le Plan d’action national, tel qu’il a été rédigé, était en fait une recette pour l’inaction, et les personnes représentées par notre organisation en paient le prix.»

Le gouvernement fédéral s’est engagé à fournir du financement ou à accroître le financement existant dans quatre domaines : la culture, la santé et le bien-être, la sécurité humaine ainsi que la justice.

Du travail à faire

Ottawa a publié vendredi son propre rapport de progression. Dans celui-ci, le gouvernement fédéral documente les travaux réalisés entre le 1er avril 2021 et le 31 mars 2022, dans chacun de ces domaines ainsi qu’un cinquième appelé «capacité organisationnelle et coordination».

Ottawa dit qu’il y a eu des progrès dans chacun des domaines, mais il reconnaît qu’il y a encore du travail à faire.

Il dit avoir soutenu plus de 410 projets de langue et de culture autochtones inuits, métis et des Premières Nations desservant ainsi les populations autochtones urbaines.

 

Dix-neuf organisations autochtones ont reçu de l’argent pour des projets et des services qui soutiennent le processus de guérison des familles et des survivants.

Dans le domaine de la justice, Ottawa dit soutenir les efforts dirigés par les Autochtones pour lutter contre la discrimination systémique et la surreprésentation des Autochtones dans le système de justice.

 

Le gouvernement fédéral a précédemment déclaré qu’une stratégie était élaborée pour que les décideurs disposent des données plus précises et adaptées à la culture.

Vendredi, Ottawa a reconnu qu’il y avait eu des améliorations sur ce front, mais qu’il reste encore de nombreux défis.

Le rapport indique qu’il reste du travail à faire dans plusieurs domaines, notamment la surveillance et la responsabilisation, les programmes pour les jeunes autochtones et les campagnes de sensibilisation du public qui honorent les femmes, les filles et les personnes LGBTQ autochtones.

Mais selon Mme Groulx, il existe un décalage entre ce qui se fait au fédéral et l’aide aux communautés locales. Elle estime que plus d’argent doit être versé directement aux travailleurs des services de première ligne.



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