Deux Acadiennes ont survécu aux tsunamis

Dieppe, Nouveau-Brunswick — Deux jeunes Acadiennes de Dieppe ont survécu au terrible tsunami qui a frappé et emporté avec lui des dizaines de milliers d'âmes en Asie du Sud, dimanche.

Depuis dimanche, Odette et Michel Arsenault, de Dieppe, étaient «sur le gros nerf». Deux de leurs trois filles, qui sont parties étudier en Thaïlande depuis le mois d'août, ont vécu ce que plusieurs considèrent comme l'un des plus importants désastres depuis des décennies.

L'aînée des deux soeurs, Kristell, âgée de 23 ans, vient d'entreprendre sa troisième année de baccalauréat en administration, tandis que sa soeur France, âgée de 22 ans, vient d'entreprendre une maîtrise en administration publique. Les deux soeurs, qui profitaient d'une période de relâche de l'université de quatre semaines, avaient décidé de faire de la plongée en apnée sur l'île de Phi Phi, en Thaïlande, pendant les Fêtes.

La mère raconte que, le matin même de la catastrophe, ses deux filles sont allées à la mer, mais elles ont observé qu'étrangement les poissons n'y étaient pas. Elles ont ensuite regagné les berges et c'est à ce moment qu'elles ont vu la mer se retirer.

Un bruit sourd a suivi de près la baisse subite du niveau de la mer et c'est alors que les deux jeunes femmes ont réalisé qu'il y avait vraiment quelque chose qui clochait dans ce tableau.

Au téléphone, elles ont raconté à leurs parents qu'elles se sont levées et se sont mises à courir, mais qu'elles n'ont réussi qu'à faire un ou deux mètres avant que la marée ne les rattrape. Étant donné la force phénoménale du tsunami, les deux jeunes femmes ont été bien chanceuses de s'en tirer.

«Elles ont vu du monde se noyer, du monde qui essayait de sauver d'autres personnes, des bateaux qui essayaient de rattraper ceux que la marée avait amenés avec elle. Elles ont été chanceuses», souffle la mère.

Peu après l'incident, elles ont réussi à établir un premier contact téléphonique avec leurs parents pour les aviser qu'ils allaient sûrement en entendre parler aux nouvelles mais de se rassurer car elles se portaient bien. C'est tout ce qu'ils ont réussi à se dire, lors de ce premier contact. Inquiets, les parents ont fait une recherche sur Internet et ils ont appris l'ampleur des dégâts. Depuis, ils ont réussi à communiquer brièvement avec elles à deux reprises, ce qui les a grandement rassurés.

«Je ne crois pas qu'elles ont été blessées sérieusement parce que je l'aurais su. Je leur ai parlé deux ou trois fois et je sais qu'elles n'ont rien de cassé. Je sais aussi qu'elles sont passées au travers de la vague et qu'elles ont été poussées contre les murs avec les débris. J'imagine qu'elles peuvent avoir subi des éraflures et des petites coupures, mais rien de sérieux», se rassure Mme Arsenault.

De plus, les dernières nouvelles que les parents ont reçues confirmaient que les filles quittaient l'île dévastée pour rejoindre la terre ferme et qu'elles s'en allaient dans un endroit qui n'a pas été touché. Une des inquiétudes que la mère conserve, ce sont les séquelles psychologiques que garderont les filles de cette expérience traumatisante. Elle dit qu'elle aimerait bien les voir rentrer au pays le plus tôt possible mais qu'elle va respecter leur choix.