Lancement des travaux pour 169 logements coopératifs à Saint-Laurent

La mairesse de Montréal Valérie Plante a annoncé mardi le lancement des travaux de la Coopérative d’habitation Laurentienne, dont le coût est évalué à près de 65 millions de dollars.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La mairesse de Montréal Valérie Plante a annoncé mardi le lancement des travaux de la Coopérative d’habitation Laurentienne, dont le coût est évalué à près de 65 millions de dollars.

Une coopérative de 169 logements sociaux et abordables est maintenant en construction dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Elle devrait accueillir ses premiers locataires d’ici 2025, soit 10 ans après l’annonce initiale du projet.

Sur un vaste terrain situé en face du boulevard Marcel-Laurin, une pelle mécanique s’active à creuser la fondation d’un futur bâtiment de huit étages. Le lieu choisi est encore difficile d’accès en transport en commun, un problème qui est toutefois en voie de se résorber avec la future station Bois-Franc du Réseau express métropolitain (REM). Cette arrivée a aussi stimulé la construction de nombreux immeubles de logements dans le secteur, qui est également voué à accueillir une école.

« Les gens qui vont loger dans ce quartier auront accès à tous les services dont ils auront besoin », a d’ailleurs assuré mardi le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui s’attend à ce que 15 000 personnes viennent s’établir dans un rayon d’un kilomètre autour de cette future gare de train léger.

C’est donc au milieu de cette effervescence immobilière que l’élu d’opposition a pris part, mardi avant-midi, à une conférence de presse aux côtés de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, sur le lancement des travaux de la Coopérative d’habitation laurentienne.

Le coût du projet est évalué à près de 65 millions de dollars. La Ville et l’ensemble des 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal y contribuent à hauteur de 28,3 millions, tandis que Québec y consacre plus de 11,1 millions par le biais du programme AccèsLogis et qu’Ottawa y accorde 6,7 millions. L’initiative bénéficie également d’un prêt hypothécaire contracté par la coopérative et garanti par la Société d’habitation du Québec (SHQ).

« Le chemin a été parfois long, mais cette pelletée de terre est la preuve aujourd’hui que notre engagement et notre ténacité ont porté fruit », a déclaré mardi la présidente de la Coopérative d’habitation laurentienne, Rosine Chuedo, qui milite pour le projet depuis sept ans.

Loger les familles

 

Une des particularités du projet est qu’il comprendra une cinquantaine de logements familiaux comptant de trois à cinq chambres à coucher. Des logements qui se font de plus en plus rares dans la métropole, où les appartements de petite taille ont la cote dans les nouvelles constructions. « Ça s’inscrit entièrement dans notre volonté d’offrir de l’habitation de toutes sortes pour pouvoir garder nos familles à Montréal », a souligné Mme Plante à ce sujet.

Ce sont par ailleurs 135 des 169 logements, soit 80 %, qui seront admissibles au Programme de supplément au loyer de la SHQ. Comme c’est le cas dans des logements sociaux, les locataires de ces logements pourront ne débourser que 25 % de leur revenu pour se loger. Le reste du loyer mensuel sera assumé par Québec et par la Ville.

La construction de cette coopérative nécessitera 30 mois de travaux, a indiqué le responsable de l’habitation au comité exécutif, Benoit Dorais. Le bâtiment devrait donc accueillir ses premiers locataires d’ici 2025, a-t-il précisé au Devoir en marge de la conférence de presse.

Ce projet de coopérative avait d’abord été lancé en 2015 grâce à une mobilisation du milieu communautaire. « C’est vrai que ça prend du temps. Un projet d’habitation peut prendre en général entre trois et six ans, mais parfois, c’est encore plus long quand il y a des sommes à amasser », a reconnu Mme Plante mardi. Les coûts de construction à la hausse et l’augmentation de la valeur foncière des terrains « sont tous des éléments qui font en sorte que ça demande beaucoup de patience aux organismes communautaires et aux groupes de ressources techniques pour faire les montages financiers et faire en sorte que les projets se réalisent », a-t-elle convenu.

Au centre-ville, la coopérative d’habitation de la Montagne verte a pour sa part accueilli ses premiers locataires ces dernières semaines, 16 ans après que le projet de 136 logements eut d’abord été annoncé, en 2006. La Ville espère toutefois que ses discussions avec le gouvernement du Québec permettront à l’avenir d’accélérer la construction de logements sociaux à Montréal, a fait valoir Benoit Dorais.

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