Tsunamis meurtriers - Le Canada fait un effort supplémentaire

Deux femmes en pleurs attendent pour recevoir des soins dans un hôpital militaire à Banda Aceh, en Indonésie. Le vice-président du pays a annoncé hier que le total des victimes en Indonésie dépassait les 40 000 personnes.
Photo: Agence Reuters Deux femmes en pleurs attendent pour recevoir des soins dans un hôpital militaire à Banda Aceh, en Indonésie. Le vice-président du pays a annoncé hier que le total des victimes en Indonésie dépassait les 40 000 personnes.

Pour faire face à l'ampleur de la tragédie vécue en Asie, le Canada va débloquer 36 millions de dollars supplémentaires pour venir en aide aux victimes des raz-de-marée en Asie du Sud et du Sud-Est, ce qui porte le total de ses dons à 40 millions, a annoncé hier le ministre canadien de la Défense, Bill Graham.

Il a également annoncé l'envoi en Indonésie d'un avion cargo des Forces armées canadiennes rempli de matériel de secours, après celui affrété mardi soir pour le Sri Lanka.

Une douzaine d'experts du gouvernement vont également se rendre aujourd'hui dans la région pour évaluer les besoins supplémentaires et faire des recommandations au gouvernement, a-t-il affirmé à la presse.

Le gouvernement envisage spécifiquement le déploiement de son «équipe d'intervention en cas de catastrophe» (DART), formée de quelque 200 militaires spécialisés dans l'aide humanitaire d'urgence et qui comprend une clinique médicale ainsi que plusieurs unités de purification d'eau pouvant produire chacune 100 000 litres d'eau par jour.

«Le groupe d'experts envoyé en reconnaissance a pour but de voir si une partie de l'équipe du DART serait utile dans les pays concernés. Pour l'instant, aucun pays ne nous a demandé de lui envoyer l'équipe au complet», a cependant affirmé M. Graham.

Ottawa est critiqué par une bonne partie de la presse pour ne pas avoir envoyé plus tôt cette équipe de spécialistes dans la région.

«Vous ne pouvez tout simplement pas larguer comme cela 200 personnes et une grande quantité d'équipements dans un pays, à moins que les gens là-bas le veulent, qu'ils savent que vous allez vous déployer et qu'ils connaissent leurs besoins», a répliqué le ministre.

Le premier ministre Paul Martin, actuellement en vacances au Maroc, a affirmé dans une déclaration lue par M. Graham que le gouvernement canadien s'engageait «à coordonner ses efforts ici et à l'étranger pour faire face à cette crise».

Ottawa va notamment explorer «la possibilité d'établir des partenariats entre les secteurs public et privé» en réponse aux besoins identifiés par les agences humanitaires internationales, a indiqué le premier ministre.

M. Graham a aussi annoncé un renforcement des effectifs dans les missions diplomatiques du Canada dans les pays touchés.

L'argent s'accumule

Du côté des organismes humanitaires canadiens, les collectes vont bon train, dépassant les 10 millions de dollars. La division québécoise de la Croix-Rouge, qui a dû doubler le nombre de ses lignes téléphoniques hier, enregistrait 1,3 million de dollars en dons en fin de journée. À titre comparatif, quoique l'ampleur du désastre soit sans précédent récent, le séisme de Bam en Iran a recueilli au total un million.

À l'échelle canadienne, la collecte de dons pour la catastrophe de l'océan Indien s'élevait à 7,4 millions en mi-journée.

Selon les derniers chiffres disponibles, UNICEF Canada avait cumulé plus de un million de dollars généreusement versés par la population canadienne. Et c'est sans compter les dons envoyés par la poste, qui n'ont évidemment pas été compilés encore en cette période des Fêtes où les services fonctionnent au ralenti. Vision mondiale, qui oeuvre dans le domaine depuis 30 ans, reçoit un nombre d'appels sans précédent de la part des Canadiens. L'organisme chrétien a récolté deux millions de dollars et compte en engranger deux autres. Oxfam-Québec a pour sa part amassé 100 000 $ et 500 000 $ à l'échelle du pays, sur un total de 8,7 millions réunis jusqu'à hier matin par l'ensemble des organismes Oxfam dans le monde.

Avec l'Agence France-Presse