Tsunamis meurtriers - Des médecins de partout pour identifier les touristes

Paris — Venus du monde entier, des dizaines de médecins légistes et de spécialistes de l'identification des victimes vont travailler ensemble pour tenter d'identifier, notamment en Thaïlande, les corps de touristes étrangers tués par les raz-de-marée.

La Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, l'Italie, la Suède ont envoyé, principalement en Thaïlande et au Sri Lanka, des médecins légistes et des spécialistes de l'identification des victimes de catastrophes.

Aujourd'hui, une réunion de ces spécialistes se tiendra à Bangkok, sous l'égide d'Interpol-Thaïlande, pour définir une méthode commune de l'identification des touristes étrangers, a annoncé hier à l'AFP le colonel Jacques Hebrard, directeur de l'Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale (IRCGN) en France.

En Thaïlande, près de 2000 personnes ont trouvé la mort et près de 5300 autres sont portées disparues, selon un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur, et la moitié des morts au moins pourraient être des touristes étrangers. Selon le premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, le groupe le plus touché est constitué d'«Européens du Nord, en particulier les Scandinaves».

L'organisation internationale de police Interpol, précise le colonel Hebrard, dispose d'un document normalisé pour l'identification des victimes.

Ce document est de trente pages, en quatre langues (anglais, français, espagnol, arabe). Divisé en deux parties, il sera rempli pour chaque victime. La partie ante mortem recense descriptions physiques précises, adresses des médecins traitants, radios de la personne disparue; elle sera complétée par la partie post mortem, avec des éléments constatés par les médecins légistes. La comparaison des deux parties (ante mortem et post mortem) pourra alors permettre l'identification.

Mais «face à cette catastrophe hors du commun» (plus de 80 000 morts selon un bilan provisoire hier), souligne le colonel Hebrard, ces spécialistes vont se retrouver devant des milliers de cadavres à identifier. Selon lui, ces spécialistes vont faire appel à trois méthodes: prélèvements d'ADN, des empreintes digitales et des traces dentaires (appareils, implants...).

Pour la France, 17 spécialistes (neuf policiers et huit gendarmes, dont un médecin et un odontologue) appartenant à l'Unité nationale d'identification des victimes de catastrophes (UNIVC) formeront en Thaïlande le détachement post mortem, chargé de recueillir les indices sur le corps des victimes.