Tsunamis meurtriers - Des Canadiens dans la tourmente

Halifax — Pour Nadine MacNeil, le premier signal du danger a été la vue d'un homme en train de pointer son doigt vers l'horizon.

La résidante d'Halifax se trouvait sur la paisible île de Ko Lanta, en Thaïlande, dimanche, lorsqu'elle a aperçu une immense vague progressant à toute allure vers la plage, rugissant avec autant de force que les moteurs d'un appareil à réaction.

«Si on ne se déplaçait pas à temps ou si on était en train de nager, il n'y avait aucun espoir», a par la suite écrit Mme MacNeil dans un courriel envoyé à sa famille.

«Des gens chutaient, trébuchaient les uns sur les autres. Je pleure en vous écrivant parce que c'est la chose la plus terrible qu'il m'ait été donnée de voir.»

Mme MacNeil est parvenue à rejoindre ses amis, et tous ont trouvé refuge au sommet d'une colline, en compagnie de centaines d'autres personnes.

La femme d'Halifax figure au nombre des Canadiens qui ont survécu aux tsunamis dévastateurs ayant frappé le Sud-Est asiatique dimanche à la suite du puissant séisme survenu au large de l'Indonésie.

Au moins trois ressortissants canadiens, dont deux en Thaïlande, ont été tués lors de la catastrophe qui a fait plus 52 000 morts, selon le plus récent bilan établi hier. Une des victimes canadiennes de Phuket est un Québécois, Mathieu Lafond, âgé de 28 ans, originaire de Repentigny.

Pour Ashley Booth, d'Oro-Medonte, en Ontario, un billet d'avion au coût de 10 $ vers l'île de Phuket, une populaire destination touristique, a failli se révéler fatal.

Mme Booth rendait visite à son ami Patrick Forget, en Malaysia, et tous deux ont décidé de prendre l'avion à destination de Phuket afin d'y passer Noël. Ils prenaient leur petit-déjeuner dans un centre de villégiature, situé au bord de la mer, lorsque les tsunamis ont frappé.

«Elle a dit: "J'ai pensé que j'allais mourir"», a raconté sa mère, Victoria Booth, qui a parlé avec sa fille aînée dimanche.

Mme Booth, M. Forget et d'autres personnes ont été emportés le long d'une route par un mur d'eau de cinq mètres de haut, au milieu de tables, de chaises et de citernes de propane. Les deux Canadiens ont survécu. Ils ont été soignés à l'hôpital et, en dépit des coupures subies par M. Forget à un bras, ils seraient dans un bon état de santé.

Sur l'île de Ko Phi Phi, Candice Bambury, de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, a vu avec horreur, depuis son hôtel, des gens en proie à la panique tentant d'échapper aux vagues.

«J'ai tout d'abord pensé qu'il y avait un incendie ou un attentat terroriste, mais les Thaïlandais disaient: "Courez! De l'eau!"»

Lorsque l'océan s'est suffisamment calmé pour lui permettre de quitter l'hôtel, Mme Bambury, qui enseigne l'anglais en Corée du Sud, a vu des corps éparpillés un peu partout. Elle a ensuite été appelée à recouvrir des dépouilles.

«Tout ce que je pouvais voir, c'étaient des pieds dépassant de draps», a affirmé Mme Bambury, rentrée en Corée du Sud depuis.