Tsunamis meurtriers - L'OMS redoute les épidémies

Genève — L'Organisation mondiale de la santé (OMS) redoute que des épidémies consécutives aux raz-de-marée dans l'océan Indien ne fassent encore plus de morts que les vagues géantes, a déclaré hier un haut responsable de l'institution internationale.

«La terreur liée dans un premier temps aux raz-de-marée et au tremblement de terre pourrait n'être rien à côté de la souffrance durable des villages où le risque de maladies transmissibles [...] est devenu désormais une menace grave et réelle», a déclaré à la presse le représentant du directeur général de l'OMS pour les crises, David Nabarro. «Nous pourrions avoir au moins autant de morts de maladies transmissibles que du tsunami», a-t-il ajouté.

M. Nabarro a dit redouter dans l'ordre les maladies diarrhéiques liées au manque d'eau potable dans les zones sinistrées, puis la malaria et la dengue, déjà endémiques en Asie du Sud-Est, enfin les maladies respiratoires favorisées par la surpopulation dans les zones où les populations ont trouvé refuge.

«Dans n'importe quelle catastrophe, la priorité est de fournir de l'eau, des latrines, de la nourriture et des abris. Si nous y parvenons dans les deux à trois semaines qui viennent, il n'y aura pas d'épidémies», a-t-il dit.

Si des pays comme la Thaïlande, l'Inde, le Sri Lanka et les Maldives ont «d'excellents» systèmes de santé publique qui devraient leur permettre d'y parvenir, l'OMS est beaucoup plus inquiète à propos de la situation dans la province indonésienne d'Aceh, la plus proche du séisme, qui est en outre en proie à un conflit armé depuis plusieurs années.

«La province d'Aceh est à l'épicentre de nos préoccupations, a souligné M. Nabarro. C'est là que nous sommes le plus inquiets par rapport aux risques de maladie.»

Le haut fonctionnaire a rappelé que les cadavres ne sont pas le principal vecteur d'épidémies, qui sont généralement propagées par les moustiques et le débordement de latrines. «La présence d'un corps humain en décomposition n'est généralement pas une source d'infection pour les populations qui se trouvent à proximité», a-t-il déclaré.