Tsunamis meurtriers - Quand une partie de la famille est restée là-bas...

Ramesh Chandran au milieu des dons reçus.
Photo: Jacques Nadeau Ramesh Chandran au milieu des dons reçus.

On parle beaucoup de chiffres et de matériel pour décrire l'aide humanitaire déployée à la suite de la catastrophe naturelle qui a ravagé le littoral de l'océan Indien. Mais une large partie du soutien vient aussi des bénévoles qui s'investissent corps et âme, ici même. Une aide qui prend un sens particulier quand une grande partie de la famille est établie dans les zones sinistrées.

Siriram Ramalingam, 22 ans, est Sri-Lankais d'origine. Bénévole au centre d'appels de la division québécoise de la Croix-Rouge depuis hier matin, il enregistre les dons, d'autant plus heureux de contribuer à l'effort collectif qu'il est toujours sans nouvelles d'une partie de sa famille établie dans les régions côtières du Sri Lanka, l'un des pays les plus touchés par le tsunami.

«Ça m'a donné un coup quand j'ai entendu à la télé [hier] matin qu'il y avait 18 000 morts», confie le néo-Québécois établi ici depuis 12 ans avec sa famille immédiate. «On est tellement impuissant devant des situations comme celle-là. Il fallait que je fasse quelque chose. On reste attaché à son pays d'origine. J'ai réfléchi à la façon d'offrir mon aide. J'ai même appelé le service d'urgence de la Croix-Rouge pour savoir à qui m'adresser. Je leur ai dit: "Je viens quand vous voulez." Ils m'ont répondu de venir tout de suite.» Siriram compte ainsi consacrer la plupart de ses temps libres, entre ses jours de travail, à la Croix-Rouge. C'est la première fois qu'il offre ses services à l'organisme, mais il reconnaît avoir l'habitude de s'impliquer dans sa communauté.

À minuit samedi, il apprend qu'un désastre a frappé son pays natal dans un appel de la famille qui vit sur les côtes sri-lankaises, près des zones sinistrées. «La plupart de ma famille est saine et sauve, souffle-t-il. Mais on n'a pas pu joindre tout le monde. Les lignes téléphoniques ne fonctionnent pas. Les autorité ont demandé de les libérer pour donner priorité aux secours.» Il s'inquiète aussi du fait que les autorités sri-lankaises ne sont pas préparées à affronter ce désastre. Mais la générosité des Québécois le rassure un peu. «Ça ne dérougit pas depuis que je suis arrivé.»

Donner de son temps n'a pas suffi. «On a ramassé le plus de vêtements possible à la maison pour les donner à la communauté tamoule de Montréal», ajoute le jeune homme. Au Mouvement mondial des tamouls du Québec, les activités des bénévoles vont aussi bon train. À la campagne de dons, dont les fruits s'élèvent maintenant à 22 000 $, s'ajoute la collecte de vêtements, que l'organisme va tenter d'envoyer au Sri Lanka, en Inde et en Indonésie, d'où vient principalement la diaspora tamoule. «Il y a plus de 15 000 Tamouls au Québec», indique Ramesh Chandran, bénévole du mouvement. «Demain, des élèves des écoles secondaires iront dans les Loblaws, Maxi et Super C pour amasser des dons.»