Les aubaines du Boxing Day - Près de six millions de Canadiens ont fait la queue

Toronto — Des millions de consommateurs ont fait la queue pendant des heures, se sont faufilés dans les rayons et ont joué du coude pour fureter et s'emparer des aubaines d'après-Noël (Boxing Day), dimanche.

En dépit du temps froid qui traverse le pays et malgré les foules affolantes, plus de 5,7 millions de Canadiens étaient attendus dans les magasins, selon une étude de Visa Canada. L'acheteur moyen allait dépenser 274 $ en cadeaux des fêtes — pour un total de 782 millions — soit une diminution de 3 % par rapport à l'an dernier, toujours selon cette enquête.

«C'est moins fort, c'était meilleur l'an dernier», a commenté Jasbir Singh, le gestionnaire de Mr. Hi-Fi, un détaillant de matériel audio de la rue Yonge, à Toronto.

Un des vice-présidents du Conseil du commerce de détail du Canada, Peter Woolford, confirme que les gérants ont déjà vécu des jours plus fastes.

«Les détaillants nous ont dit que c'était une bonne saison, mais pas exceptionnelle», a-t-il expliqué.

La semaine qui suit Noël est une période de ventes cruciale pour nombre d'entreprises, a-t-il poursuivi. «C'est l'occasion de liquider beaucoup de marchandise non écoulée d'avant les fêtes. Aussi, plusieurs détaillants font des achats supplémentaires spécialement destinés à cette période si importante pour les consommateurs.»

Mais les fidèles de la folie du «Boxing Day» avouent qu'il est de plus en plus difficile de tomber sur des occasions en or.

«On est loin de ce que c'était, a lancé Rob Esselmont, âgé de 37 ans, assis sur le plancher du Centre Eaton, à Toronto. Beaucoup d'articles ont été mis en solde avant Noël... les rabais ne sont pas si insurpassables.»

À Montréal, un autre consommateur, Marcel Blanchette, s'était promis de ne pas plonger la main dans le portefeuille, jusqu'à ce qu'il craque pour un téléphone de 60 $ réduit à 29 $.

Par ailleurs, l'enquête de Visa révèle aussi que le total des achats du Boxing Day, cadeaux et biens personnels confondus, atteindra 1,6 milliard au pays.

Selon les répartitions régionales, ce sont les Britanno-Colombiens qui prévoyaient dépenser le plus (423 $ par consommateur), tandis que les Québécois arrivaient deuxièmes (314 $ par consommateur). Les Ontariens étaient ceux qui prévoyaient acheter le moins (206 $). Environ un million de Québécois envisageaient de courir les emplettes dimanche, dépassés uniquement par les Ontariens (2,4 millions) et suivis par les gens de la Colombie-Britannique (890 000).

Quant à ce qui fait courir les foules, les vêtements sont en proportion les articles les plus prisés (38 %), précédant les appareils électroniques (32 %) et les articles de musique (10 %).

Soulignons par ailleurs que les quatre provinces atlantiques ne participaient pas à la frénésie des soldes d'après-Noël, parce que les commerces étaient fermés dimanche.

Commandé par Visa, le sondage téléphonique a été réalisé par Maritz Research entre le 4 et le 9 novembre 2004. Au total, 1544 personnes âgées de 18 ans et plus ont été interrogés. La marge d'erreur est de plus ou moins 2,6 %, 19 fois sur 20.

Enfin, la firme Paiement direct Interac a indiqué par voie de communiqué dimanche qu'elle avait fracassé un record le jeudi 23 décembre en enregistrant 13,1 millions de transactions, en légère hausse par rapport à 2003. Un autre record avait aussi été battu auparavant, le 18 décembre, avec 12,4 millions de transactions.