Tsunamis meurtriers - La mobilisation est totale

Genève — L'aide a continué à s'organiser hier en faveur des victimes des raz de marée qui ont fait plus de 23 700 morts en Asie. Des secours envoyés par des gouvernements et des organisations internationales ont pris le chemin de la zone sinistrée alors que les offres d'assistance se multipliaient, devant l'ampleur du drame.

L'Union européenne a annoncé une décision prochaine sur «une aide supplémentaire substantielle» en faveur des victimes, en plus des trois millions d'euros déjà alloués dimanche à la Fédération internationale de la Croix-Rouge.

«Nous parlons ici de montants très importants, cela étant la catastrophe naturelle la plus importante depuis des années à l'échelle mondiale», a souligné Louis Michel, commissaire européen chargé de l'aide humanitaire. «La Commission [européenne] est capable de mobiliser rapidement 30 millions d'euros», mais «le montant exact du nouveau financement [...] dépendra des évaluations des besoins».

La France a envoyé hier une centaine de personnes, dont 60 secouristes de la Sécurité civile et des membres d'organisations humanitaires, à destination du Sri Lanka. L'appareil transportait également plus de quatre tonnes d'équipement humanitaire et du matériel de purification d'eau potable. Au total, Paris doit expédier 32 tonnes d'aide sur trois jours. Les États-Unis ont, pour leur part, dépêché des équipes de sauveteurs et se préparaient à fournir une aide qui pourrait atteindre 15 millions de dollars. Les autorités américaines cherchaient également à contacter des centaines de ressortissants dont elles restaient sans nouvelle dans la région. Washington a immédiatement débloqué 100 000 $ à l'Inde, à l'Indonésie et au Sri Lanka et prévoyait de verser quatre millions hier pour aider la Croix-Rouge, a déclaré le secrétaire d'État Colin Powell.

L'Australie a promis 9,5 millions aux organisations internationales qui coordonnent les opérations de secours. «Il n'y a pas eu un tel séisme et un tel tsunami dans la région depuis 40 ans», souligne le ministre des Affaires étrangères Alexander Downer. Israël a envoyé une équipe de médecins au Sri Lanka. Les pays du Golfe arabo-persique, qui font largement appel à la main-d'oeuvre asiatique pour leur économie, se sont également mobilisés.

Les autorités koweïtiennes ont ainsi annoncé dimanche une aide humanitaire d'un million de dollars et celles des Émirats arabes unis en auraient promis deux millions. Et le porte-parole du Croissant-Rouge émirati, Abdel Rahman al-Toneji, a annoncé l'envoi par avion pour aujourd'hui de trois chargements d'aide humanitaire à destination du Sri Lanka. De son côté, la Banque mondiale a annoncé une aide immédiate à la reconstruction, sans toutefois en préciser le montant.

La mobilisation avait déjà largement commencé dimanche. La Croix-Rouge internationale, basée à Genève, a ainsi lancé un appel aux dons pour collecter de l'argent, de l'aide humanitaire et des services pour un montant de huit millions pour les six prochains mois.

De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a annoncé une aide financière d'urgence pour les besoins immédiats: équipements sanitaires portables, fournitures médicales, tentes et hélicoptères pour évacuer les populations. Mais ce n'est qu'une «première étape», a expliqué Jan Egeland, sous-secrétaire général pour les affaires humanitaires. Le Japon a dépêché une équipe de 21 secouristes et du matériel médical et humanitaire au Sri Lanka. Et la Chine a de son côté annoncé l'envoi d'une quarantaine d'experts en Indonésie. En Grande-Bretagne, des organisations caritatives ont envoyé des équipes au Sri Lanka et en Inde.