Mettre le racisme systémique «sur la carte»

Tristan Band

Le racisme systémique existe au Québec et Amnistie internationale entend le prouver en le mettant « sur la carte » grâce à l’application Google Maps.

« Ça reste un concept qui n’est pas toujours bien compris, le racisme systémique, par rapport à des personnes individuelles qui ont des propos, des gestes racistes », explique France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone.

Afin de dénouer les racines de ce mal, son équipe lance mercredi une nouvelle campagne pour sensibiliser le public : « Racisme systémique, Qc, Canada : un endroit qui ne devrait plus exister ».

Un point de repère a ainsi été déposé sur la populaire application de cartographie, au Parc de l’Esplanade, tout juste devant le Parlement à Québec. On invite le public à y écrire un avis afin de dénoncer des exemples de ce travers social.

Trois ambassadeurs ont déjà partagé leur perspective sur ce repère géographique virtuel. Andy Basora, la chroniqueuse Dalila Awada et le Grand Chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, y témoignent des conséquences racisme systémique sur leur vie ou leur communauté.

L’équipe d’Amnistie internationale prévoit surveiller les publications pour ne pas permettre d’y « mettre n’importe quoi contre n’importe qui », mitige France-Isabelle Langlois. « Il faut que ça se reproduise. […] Le racisme systémique, c’est quelque chose qui s’inscrit dans le temps. »

Par exemple, « si la semaine prochaine arrivait l’épisode de Joyce Echaquan, ce serait l’occasion de pointer du doigt le racisme systémique ».

Le lancement de cette campagne n’est par ailleurs pas choisi au hasard. Il coïncide avec le deuxième anniversaire de la mort de George Floyd.

« On invite les gens à pointer là où il y a du racisme systémique, que ce soit au sein du gouvernement québécois, canadien ou des municipalités. […] Il existe du racisme systémique ici, comme il en existe dans toutes les sociétés. On trouve malheureux qu’il y ait ce refus de le reconnaître. Tant qu’on ne l’aura pas reconnu, on peut mettre toutes sortes de mesures pour le combattre, mais tant qu’on ne le reconnaîtra pas, on ne pourra en venir à bout », conclut France-Isabelle Langlois.

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