Des mécènes au secours des saint-bernard

Genève — L'avenir des chiens sauveteurs du Grand-Saint-Bernard paraît assuré grâce à une fondation qui s'est engagée à continuer leur élevage et un ex-banquier privé genevois qui investira quatre millions de francs suisses (environ 2,36 millions de dollars) pour leur construire un musée.

Les divers mécènes impliqués dans ce sauvetage, dont le créateur de la Fondation Pierre-Gianadda, Léonard Gianadda, ont signé hier une série de conventions à Martigny (Valais).

Début octobre, les chanoines de l'hospice du col du Grand-Saint-Bernard (canton du Valais) avaient annoncé leur intention de vendre leurs fidèles compagnons à quatre pattes, un des symboles de la Suisse dans le monde, provoquant la consternation dans la région.

L'élevage des saint-bernard sera désormais assuré par la Fondation Barry, du nom d'un chien sauveteur légendaire, né en 1800. Dirigée par Rudolf Thomann, président du Club suisse des saint-bernard, cette fondation sera créée en janvier 2005 grâce à la contribution financière d'une artiste bâloise.

Un musée

Une autre fondation a été établie hier dans le but de construire un musée dédié aux saint-bernard, qui devrait ouvrir ses portes au printemps 2006 dans l'ancien arsenal de Martigny.

Sa construction, qui coûtera quatre millions de francs suisses, sera financée par Bernard et Caroline de Wattewille, qui se sont aussi engagés à couvrir un éventuel déficit d'exploitation durant dix ans.

Ex-banquier privé à Genève, M. de Wattewille a expliqué son geste par la volonté de «préserver et faire vivre l'histoire de ce chien symbolique». La Ville de Martigny mettra des locaux et un parking à la disposition du musée.

Plus de 10 000 visiteurs admirent chaque été le chenil du Grand-Saint-Bernard et sa vingtaine de chiens.

Le supérieur de l'hospice, l'abbé-prévôt Benoît Vouilloz, s'est déclaré «soulagé» des solutions trouvées.

Secouristes

Devenus légendaires pour leur rôle de secouristes, les saint-bernard sont présents à l'hospice depuis le XVIIe siècle. Mais faute d'argent et de temps, les moines, de moins en moins nombreux, disaient ne plus pouvoir s'en occuper.

C'est au IXe siècle que saint Bernard de Menton fit construire l'hospice au sommet du col, à 2500 mètres d'altitude. Les moines y accueillent des pèlerins qui y trouvent logement et nourriture. Depuis le XVIIe siècle, des saint-bernard y sont dressés pour accompagner les voyageurs qui passent le col et les sauver s'ils se perdent dans la neige.

Né en 1800, le chien Barry est resté célèbre pour avoir sauvé une quarantaine de personnes durant ses 14 années de vie.