Près de 98 000 clients toujours privés de courant au Québec mardi en début de soirée

Les abonnés sans électricité se comptent par milliers mardi à la suite des orages de la fin de semaine.
Valérian Mazataud Le Devoir Les abonnés sans électricité se comptent par milliers mardi à la suite des orages de la fin de semaine.

Près de 98 000 clients étaient privés de courant mardi, en début de soirée au Québec, alors que le bilan en Ontario en mi-journée s’élevait à 127 000, dans la foulée des orages violents de samedi.

Au pire de la tempête, 550 000 clients d’Hydro-Québec avaient été privés de courant. Mardi après-midi, la majorité des pannes se trouvaient encore dans la région des Laurentides où le bilan, vers 15 h 00, s’élevait à un peu plus de 66 000 abonnés sans électricité, comparativement à un peu plus de 27 000 dans Lanaudière et à un peu plus de 22 000 en Outaouais.

« La majorité de clients devrait retrouver le service aujourd’hui », selon le compte Twitter d’Hydro-Québec qui estime « qu’il restera après-demain autour de 30 000 clients pour lesquels les travaux pourraient être plus longs ».

Quelque 700 équipes sont sur le terrain mardi, dont des équipes d’entrepreneurs venues prêter main-forte à celles d’Hydro-Québec.

La tâche est compliquée pour Hydro-Québec, alors que la ligne d’orages violents a frappé une bande de territoire de 300 kilomètres de long par 100 kilomètres de large, une ampleur rarement vue.

Le fournisseur d’électricité a indiqué, toujours sur son compte Twitter, que « même après trois jours à pied d’œuvre, le travail au terrain est encore colossal ».

Les équipes découvrent « des arbres matures déracinés à déplacer, et des tronçons de réseau à rebâtir » et se concentrent sur « les appels d’urgence et les tronçons de réseau qui rétabliront le plus grand nombre de clients à la fois ».

Hydro-Québec « travaille également sur les pannes permettant le rétablissement d’infrastructures critiques ».

Le vice-président aux opérations et à la maintenance chez Hydro-Québec, Régis Tellier, a expliqué lundi que les vents et les rafales « ont tourné autour de 150 à 160 km/h » et qu’avec des vents d’une telle vélocité, « l’infrastructure ne tient pas ».

M. Tellier a ensuite expliqué que non seulement les fils peuvent être dangereux, mais que des transformateurs qui tombent au sol contiennent des huiles qu’il faut éviter.

Après la tempête, Gatineau se prépare aux inondations

 

Lors d’une conférence de presse mardi avant-midi, la mairesse de Gatineau a expliqué « qu’étant donné les circonstances exceptionnelles, les citoyens peuvent couper les arbres qui présentent un danger immédiat suite à la tempête ».

France Bélisle a toutefois prévenu les citoyens de « ne pas s’approcher d’une ligne de tension, car s’il y a des fils électriques, il faut faire preuve de jugement, je pense que tout le monde en est conscient ».

La Ville de Gatineau a reçu 122 requêtes de citoyens pour des arbres tombés sur des terrains privés et le nombre de requêtes est le même pour des arbres brisés sur des espaces publics.

 

En plus de devoir nettoyer les dégâts et subir les pannes causées par la tempête, les citoyens de Gatineau se préparent à affronter des inondations, résultat de la fonte des neiges et des précipitations.

« C’est assez particulier ce qu’on vit en ce moment », a indiqué la mairesse en invitant les citoyens à rester calmes.

« Il ne faut pas paniquer et la Ville est en train de faire ce qu’elle a à faire pour être capable de protéger les résidences et les infrastructures. »

Elle a ajouté que « lorsqu’on parle de la résilience » des infrastructures aux changements climatiques, « on est en plein là-dedans ».

France Bélisle a expliqué que dès mardi après-midi, « des gens sur le terrain vont distribuer 2000 dépliants à des citoyens, en fait à 2000 adresses, à des citoyens qui pourraient être touchés pour les prévenir ».

La mairesse a également dû se défendre contre les critiques qui lui reprochent de ne pas avoir été présente à Gatineau pendant le week-end.

« J’ai travaillé toute la fin de semaine. Ce n’est pas parce que la mairesse est au chalet que la mairesse est assise sur son divan et qu’elle ne joue pas son rôle de mairesse. Alors je veux juste dire, pour rassurer les citoyens, que moi j’ai été en contact (avec les services d’urgence) et que c’était sûrement la meilleure chose que je reste là parce que j’avais l’électricité alors qu’à mon domicile, je n’avais pas d’électricité, ce qui m’a permis d’être active. »

En Ontario, une dixième victime s’est ajoutée, lundi, au bilan des violents orages dans les deux provinces.

Il s’agit d’un homme de 61 ans de Lakefield, en Ontario, qui serait mort lors de la chute d’un arbre durant la tempête, selon les policiers de Peterborough.

Jusqu’ici, on dénombre neuf décès en Ontario et un au Québec.

187 poteaux se sont effondrés à Ottawa

Mardi après-midi, Hydro Ottawa signalait qu’environ 74 000 clients étaient toujours sans électricité, tandis que le fournisseur provincial Hydro One comptait plus de 148 000 clients toujours touchés par des pannes.

Dans la capitale nationale, le directeur général d’Hydro Ottawa, Bryce Conrad, a déclaré lundi que son système de distribution avait été « écrasé », notant que les 187 poteaux qui se sont effondrés pendant la tempête dépassent non seulement le nombre qui s’effondre habituellement en une année, mais qu’il est également plus élevé que le nombre qui est tombé pendant la tempête de verglas de 1998 et les tornades de 2018.

Pour ceux qui sont privés d’électricité, des centres de services aux sinistrés sont ouverts dans les régions qui ont été impactées par les orages violents.

Des vents forts ont été enregistrés à plusieurs endroits, notamment sur le lac Memphrémagog avec des rafales allant jusqu’à 151 km/h, à Trois-Rivières avec des pointes à 96 km/h et à Gatineau jusqu’à 90 km/h, samedi en fin d’après-midi.



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