Rien ne va plus à la garderie Opus Incertum

À la veille de Noël, la situation ne s'est guère améliorée à la garderie privée Opus Incertum où, après la menace du propriétaire de ne pas payer les employées durant les Fêtes, la directrice générale et trois éducatrices ont remis leur démission.

Depuis un mois, l'atmosphère au sein de cette garderie située sur le Plateau Mont-Royal va de mal en pis. Le propriétaire Alberto Carvalhido avait d'abord décidé de ne pas rémunérer le personnel durant les jours de fermeture tout en empochant les subventions gouvernementales et la contribution parentale de 7 $ par jour par enfant. Un vide juridique permet à M. Carvalhido d'agir de la sorte.

Devant les intentions de l'homme d'affaires révélées par Le Devoir, la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, est intervenue pour faire entendre raison à M. Carvalhido. Dans les jours qui ont suivi, celui-ci a avisé les éducatrices que la garderie resterait ouverte et qu'elles pouvaient être payées si elles acceptaient de travailler. Se sont ensuivies des frustrations de part et d'autre. Résultat: trois éducatrices ont annoncé leur départ, au moins deux autres cherchent activement un emploi ailleurs et la directrice générale, Diane Morrissette, a aussi décidé de plier bagage.

«Tout ça aurait pu être évité si le propriétaire avait fait preuve de jugement. Mais dans le contexte, des démissions étaient à prévoir. Avec le cabinet de la ministre qui a été incapable de raisonner M. Carvalhido, l'équipe s'est découragée», a affirmé au Devoir Marc Jarry, un des parents qui ont dénoncé la situation.

Régie interne

Au cabinet de la ministre Théberge, la situation qui prévaut à Opus Incertum est interprétée d'une tout autre façon. Le départ de travailleuses est un problème de régie interne, a rappelé hier l'attachée de presse de la ministre, Louise Bédard. «Pour nous, ce qui était important, c'était que M. Carvalhido paie ses employées et que personne ne soit pénalisé», a expliqué Mme Bédard, qui a qualifié de «satisfaisante» l'ouverture dont a fait preuve Alberto Carvalhido. «C'est un monsieur qui s'occupe bien de sa garderie. Il était d'ailleurs chamboulé par les événements», a-t-elle indiqué.

Cette dernière a toutefois ajouté que le gouvernement surveillera la situation de près. Mais pour Marc Jarry, l'intervention gouvernementale se résume à un échec. Lui-même a décidé d'inscrire le plus jeune de ses enfants dans une autre garderie et l'aîné pourrait bien rester avec maman qui sera bientôt en congé de maternité à la maison jusqu'à son entrée scolaire.

La ministre Théberge a l'intention de procéder à une révision complète de la Loi sur les centres de la petite enfance et autres services de garde à l'enfance.