Élargissement de la Transcanadienne - Le Témiscouata veut sa part

Ottawa — Québec est déçu de voir que le premier ministre Jean Chrétien se prépare à annoncer, aujourd'hui, l'élargissement de deux à quatre voies de portions de la route Transcanadienne, au Nouveau-Brunswick, sans promettre quoi que ce soit pour la section québécoise de la même route.

Le ministre des Transports du Québec, Serge Ménard, et les maires du Témiscouata demandent à Ottawa de promettre le même investissement pour la route 185, entre Rivière-du-Loup et la frontière néo-brunswickoise, une autre portion de la Transcanadienne qui nécessite un élargissement. Il s'agit de l'une des routes les plus meurtrières du pays: 91 personnes y ont perdu la vie au cours des 10 dernières années, sur un tronçon d'environ 100 kilomètres.

«Je suis heureux pour le Nouveau-Brunswick, qui a reçu une offre et en est venu à une entente, mais j'espère que ça va accélérer les négociations de notre côté et qu'on pourra avoir une entente nous aussi pour cette route très fréquentée», a dit M. Ménard, en entrevue avec La Presse canadienne hier.

«Je trouverais ça indécent s'il n'y avait pas en même temps une annonce semblable pour le Québec, a ajouté le député bloquiste de la région, Paul Crête. Une vraie annonce inclurait un investissement pour la 185. Sinon, il va sûrement y avoir une colère populaire très forte, on va se demander pourquoi on est mis de côté alors qu'on a le dossier le plus prioritaire en matière de sécurité.»

Un comité de citoyens demande depuis plusieurs années l'élargissement de la route 185. Québec a déjà confirmé des améliorations de 225 millions de dollars et des travaux sont en cours cet été.

Pour élargir la route à quatre voies d'un bout à l'autre, il faudrait cependant 600 millions au Québec et 420 millions au Nouveau-Brunswick.

Les gouvernements des deux provinces ont demandé l'année dernière à Ottawa de payer 80 % des coûts de l'élargissement. Il semble cependant que le Nouveau-Brunswick ait finalement accepté de partager la facture à parts égales avec le gouvernement fédéral. Toutefois, Québec n'a jamais eu de contre-offre en réponse à sa proposition de partage des coûts, déposée en décembre dernier, indique le ministre Ménard.

La chance au coureur

Le ministre provincial des Transports tempère cependant ses critiques à l'endroit du gouvernement fédéral. «Peut-être que le fédéral, après avoir consenti au Nouveau-Brunswick, va se retourner pour nous offrir la même chose au moins, et là on verra», a-t-il dit, sans toutefois révéler si Québec serait prêt à payer la moitié des coûts.

Le premier ministre Chrétien sera aujourd'hui à Saint-Léonard, au Nouveau-Brunswick, pour annoncer une contribution de 100 millions de dollars d'Ottawa au projet de 420 millions dans la province.