Injonction demandée contre le Festival de Saint-Tite pour maltraitance animale

Cette photo montre la finale d’un rodéo à Las Vegas durant lequel un participant ligote un veau.
John Gurzinski Agence France-Presse Cette photo montre la finale d’un rodéo à Las Vegas durant lequel un participant ligote un veau.

Alléguant la souffrance et la détresse animales, un groupe voué à la protection des droits des animaux demande au tribunal une injonction pour que soient interdites deux épreuves de rodéo au Festival western de Saint-Tite.

La procédure a été déposée jeudi.

 

La communauté Droit animalier Québec (DAQ) veut que le festival tire un trait sur les activités de prise du veau au lasso et de terrassement du bouvillon. C’est la première fois que l’organisme sans but lucratif demande à un tribunal d’intervenir.

« Il y a des abus et des mauvais traitements, ce qui peut affecter la santé et la sécurité des veaux et des bouvillons », ces derniers étant des veaux adolescents, a expliqué Oana Zamfir, une porte-parole de DAQ.

« Ces activités constituent un traitement qui leur cause des douleurs aiguës, une anxiété et une souffrance excessives, les plaçant ainsi dans une situation de détresse », est-il écrit dans la demande d’injonction. Lors de la prise au lasso, l’animal est étranglé, ce qui lui cause de l’anxiété et des souffrances, avance Mme Zamfir. Quant au terrassement, l’animal est saisi par les cornes et on lui tourne le cou parfois jusqu’à 180 degrés, ajoute-t-elle.

Ni des choses ni des biens

 

La demande d’injonction se fonde sur des changements apportés à la loi, notamment au Code civil du Québec, qui prévoit désormais que les animaux ne sont ni des choses ni des biens : « Ils sont des êtres doués de sensibilité et ils ont des impératifs biologiques. » De plus, le législateur québécois a octroyé en 2015 un nouveau statut juridique aux animaux par l’adoption de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (« Loi BESA »).

DAQ a déposé des vidéos des rodéos filmées en 2017, en 2019 et en 2021 pour appuyer ses allégations de mauvais traitements des bêtes, ainsi qu’un rapport d’expertise vétérinaire qui détaille ce que les animaux subissent.

Selon DAQ, il s’agit d’une « action importante et sans précédent qui soulève des questions d’intérêt public au Québec ».

Le Festival western ne voulait pas accorder d’entrevue vendredi, mais a fait savoir par communiqué qu’il « a toujours respecté les lois et les règlements en vigueur » et qu’il « continue d’offrir son entière collaboration à l’ensemble des travaux touchant au bien-être animal ». Il ajoute être toujours en attente du rapport du comité du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) en ce qui a trait au bien-être animal.

Le Festival western de Saint-Tite a été visé par une demande d’injonction en 2017, pour ses activités de rodéo tenues pendant les festivités du 375e de la ville de Montréal, qui s’était soldée par une entente à l’amiable ayant permis à des observateurs d’assister aux épreuves. Ceux-ci devaient faire rapport au MAPAQ.

La 54e édition du festival aura lieu du 9 au 18 septembre à Saint-Tite, en Mauricie.

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