Le Québec se familiarise tranquillement avec une première journée sans masque

Depuis samedi, il n’est plus obligatoire de porter le masque dans les lieux publics au Québec, excepté dans le métro, l’autobus, le train, les taxis et les établissements de santé.
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Depuis samedi, il n’est plus obligatoire de porter le masque dans les lieux publics au Québec, excepté dans le métro, l’autobus, le train, les taxis et les établissements de santé.

Au niveau métro du Centre Eaton, au centre-ville de Montréal, Anna semble hésiter. Plantée au milieu des passants qui marchent d’un pas vif devant les commerces et qui montent les escaliers roulants, elle a la main posée sur son sac.

« J’ai un masque dans ma sacoche, mais comme je ne suis pas arrivée en métro je ne le porte pas », explique-t-elle au Devoir, avec un air d’excuse. Bien que la loi ne l’oblige pourtant plus à le porter dans ce centre commercial, elle ne sait pas sur quel pied danser. « Je regarde les gens autour de moi et ils sont plusieurs à le porter, alors je me demande si je le mets ou non », dit-elle, indécise. Elle poursuit finalement sa route vers un magasin de vêtements, le visage découvert.

Depuis aujourd’hui, il n’est plus obligatoire de porter le masque dans les lieux publics au Québec, excepté dans le métro, l’autobus, le train, les taxis et les établissements de santé. Lorsque Le Devoir a circulé en autobus et en métro samedi, un certain relâchement était notable, mais la règle était généralement respectée.

Mais il n’est a priori plus imposé dans les commerces, les restaurants, les bars, les lieux de culte, les centres sportifs, les salles de spectacles, les épiceries, les écoles, les centres de la petite enfance et les autobus scolaires.

Le gouvernement laisse le choix aux employeurs d’imposer ou non le masque à leur clientèle ou aux employés. Au magasin de jeux vidéo GameStop, au Centre Eaton, les deux jeunes employés sur place n’ont pas reçu de directive particulière de leur patron. Mais ils ont tout de même décidé de porter un masque.

« J’aime mieux le garder au cas où, raconte Malik. En plus, nous avons encore des mesures sanitaires, comme un plexiglas pour nous séparer des clients, et il va rester encore un peu. » Dans le magasin, plus de la moitié des clients ne portent pas de masque. « Certains le gardent par habitude, on se fait encore regarder un peu bizarre quand on ne le porte pas », remarque-t-il.

Un peu plus loin au comptoir de gelato Qwelli, Marie-Eve a décidé de ne plus le porter lorsque son employeur leur a communiqué que c’était aux employés de choisir ce qui leur convient le mieux. « La loi a changé, et c’est difficile de travailler huit heures d’affilée avec un masque », expose-t-elle.

Si la majorité des clients des commerces que Le Devoir a visité samedi ne le portent plus, certains se sentent plus en sécurité de le faire. « Nous voulons être prudents », explique au Devoir Jennifer Chown, une Ontarienne en visite avec son fils. Les deux portent un masque chirurgical noir. « Nous n’avons pas encore eu la COVID-19 et nous ne voulons pas la ramener à notre famille en Ontario, dit-elle. Il y a une pression de ne plus le porter, mais nos actes doivent être guidés par la précaution ».

En pharmacie, la situation est plus délicate. Les quelques pharmacies que Le Devoir a visité imposaient toutes le port du masque à leurs employés, comme elles sont fréquentées par une clientèle plus vulnérable. « Nous allons fortement suggérer aux clients de le porter proche du comptoir à pharmacie », mentionne Kathleen, une employée du Jean-Coutu de la rue Sainte-Catherine ouest. « Mais je suis contente d’enfin voir des sourires », ajoute-t-elle.

La semaine dernière, l’Ordre des pharmaciens du Québec, les associations de pharmaciens salariés (APPSQ), de pharmaciens propriétaires (AQPP), et les chaînes et bannières de pharmacies (ABCPQ) ont encouragé la population à continuer de le porter en pharmacie.

« Les plus de 1 900 pharmacies communautaires du Québec représentent un milieu de soins où des patients vulnérables se présentent tous les jours. De plus, des interventions comme la vaccination y prennent place au quotidien. Dans ce contexte et à l’heure où la COVID-19 circule toujours, les pharmaciens du Québec invitent la population à respecter l’étiquette respiratoire pour protéger les patients et le personnel afin d’éviter des éclosions et d’assurer le maintien continu des opérations et des services à la population », avaient-ils écrit dans un communiqué.

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