Une majorité de Canadiens appuie le droit à l’avortement, selon un sondage

Des manifestants en appui au droit à l’avortement sur la colline du Parlement à Ottawa en mai 2019.
Sean Kilpatrick La Presse canadienne Des manifestants en appui au droit à l’avortement sur la colline du Parlement à Ottawa en mai 2019.

Alors que le débat sur le droit à l’avortement refait surface avec véhémence aux États-Unis, au Canada, un nouveau sondage mené en ligne indique qu’environ quatre répondants sur cinq sont en faveur du droit d’une femme à un avortement si elle le souhaite, tandis que 14 % y sont opposés.

Soixante-dix pour cent de tous les répondants au sondage Léger et de l’Association d’études canadiennes ont ajouté qu’ils étaient préoccupés par la possibilité que le jugement Roe v Wade soit renversé aux États-Unis et près de la moitié ont précisé qu’ils pensaient que la situation sur le droit à l’avortement dans ce pays pourrait avoir un effet au Canada.

 

« Est-ce le vieil adage selon lequel si les États-Unis éternuent, le Canada attrape un rhume, que tout ce qui se passe aux États-Unis aura forcément un impact sur le Canada ? C’est en quelque sorte notre façon de nous positionner face aux États-Unis », a déclaré Christian Bourque, vice-président exécutif de Léger.

Il a fait observer qu’au Canada, chaque fois qu’il y a eu des tentatives pour rouvrir le débat sur l’avortement, il a été assez rapidement fermé.

L’avortement est décriminalisé au Canada en raison d’une décision de la Cour suprême de 1988, mais aucun projet de loi n’a jamais été adopté pour enchâsser l’accès dans la loi et il n’est pas non plus considéré comme un droit protégé par la Constitution en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.

Environ deux répondants au sondage sur trois ont déclaré que le gouvernement canadien devrait présenter un projet de loi pour protéger le droit de choisir librement de se faire avorter.

De nombreux défenseurs craignent que tout effort visant à codifier l’accès à l’avortement dans la loi au Canada risque de déclencher une érosion de ces services. Les limites sur la fin d’une grossesse sont déterminées au niveau provincial ou territorial au Canada et appliquées par la communauté médicale, et non par les tribunaux.

Le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau a cherché à assurer aux Canadiens la semaine dernière qu’il protégerait l’accès à un avortement sûr et légal, bien qu’il n’ait pas été tout à fait clair sur la façon d’y parvenir.

Il a affirmé que le gouvernement examinait le cadre juridique pour garantir que les droits des femmes soient correctement protégés sous le gouvernement actuel et tout futur gouvernement.

Lors de la dernière campagne électorale, le Parti libéral du Canada (PLC) a promis d’introduire des règlements en vertu de la Loi canadienne sur la santé pour assurer que les services d’avortement soient considérés comme médicalement nécessaires et financés par l’État. Il a aussi promis un portail d’information de 10 millions $ sur la santé et les droits en matière de reproduction, mais il n’en a pas été fait mention dans le plus récent budget fédéral.

Aucune marge d’erreur n’a été attribuée au sondage en ligne mené auprès de 1534 Canadiens entre vendredi et dimanche derniers.



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