La police de Québec de nouveau sous la loupe du BEI

Entre les deux événements, le SPVQ a libéré le suspect sur promesse de comparaître, en lui interdisant notamment d’entrer en communication avec sa conjointe.
Francis Vachon Archives Le Devoir Entre les deux événements, le SPVQ a libéré le suspect sur promesse de comparaître, en lui interdisant notamment d’entrer en communication avec sa conjointe.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) lance une deuxième enquête en moins d’un mois sur une intervention du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Une agression à l’arme blanche survenue jeudi soir à Beauport soulève leurs interrogations puisque les policiers de la capitale ont arrêté, puis relâché l’accusé quelques heures avant que celui-ci s’en prenne à sa conjointe.

Peu avant 21 h, jeudi soir, les agents interviennent une première fois dans une résidence de la rue Sainte-Cécile : un conflit conjugal a dégénéré et requiert leur présence. Sur place, les agents décident d’arrêter un homme de 51 ans pour voies de fait, introduction par effraction et bris de probation. Moins de deux heures plus tard, la police arrêtait le même individu au même endroit — cette fois-ci pour avoir commis une agression à l’arme blanche.

Entre les deux événements, le SPVQ a libéré le suspect sur promesse de comparaître, lui interdisant entre autres d’entrer en communication avec sa conjointe. Selon les informations recueillies par le BEI, l’homme a quitté le poste en taxi « sous la supervision des policiers ». Puis 23 h sonne, et un nouvel appel entre au 9-1-1. La police doit intervenir à la même adresse, rue Sainte-Cécile, cette fois-ci pour une femme gravement blessée. Arrivés sur place, les policiers constatent qu’il s’agit de la même victime, et l’homme qu’ils avaient relâché quelques heures plus tôt se trouvait au même endroit.

La femme de 46 ans a subi des blessures sévères, mais qui ne laissent pas craindre pour sa vie ; son agresseur présumé demeure détenu.

Le BEI précise qu’il dépêche sept enquêteurs pour faire la lumière sur cette histoire. La Sûreté du Québec mènera l’enquête parallèle et agira à titre de corps policier de soutien dans le dossier.

Plusieurs enquêtes déjà

Le SPVQ fait l’objet de plusieurs enquêtes du BEI depuis six mois. En décembre, l’organisme responsable d’enquêter sur la police ouvrait une investigation sur deux arrestations musclées – et largement médiatisées – menées par un policier de Québec.

Aussi en décembre, une intervention menée sur la rue Cartier auprès d’un homme ayant sollicité de l’aide aux passants parce qu’il disait craindre pour sa sécurité s’est soldée par une altercation avec un policier. L’individu de 50 ans a subi des blessures graves pendant l’intervention.

Plus récemment, en avril, ce sont les agissements du SPVQ dans une affaire de meurtre qui ont nécessité une enquête du BEI. Un individu aux prises avec des troubles mentaux avait d’abord reçu la visite de policiers à la demande de ses parents inquiets ; les agents n’avaient pas cru nécessaire de l’interpeller. Deux jours plus tard, il tuait un voisin en pleine rue, quelques heures après que ses parents eurent obtenu une ordonnance de la cour pour faire interner leur fils.

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