Vote de non-confiance à l’endroit du maire de Sorel-Tracy

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin
Photo: Ville de Sorel-Tracy Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin

Dans un climat tendu, le conseil municipal a adopté à la majorité, lundi soir, une motion de non-confiance à l’endroit du maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, estimant que les motifs invoqués pour surveiller et suspendre le greffier de la Ville n’étaient pas justifiés.

« Les conseillers ne peuvent plus, dans ces circonstances, faire confiance à M. Serge Péloquin. […] Par ses agissements, M. Péloquin a démontré qu’il faisait passer ses opinions et ses intérêts personnels avant ceux de la Ville et des citoyens », a soutenu le conseiller Patrick Péloquin lors du vote de non-confiance envers le maire.

« Quel discours d’hypocrite ! », s’est exclamé le maire Serge Péloquin, après la lecture de la motion. « Les ressources humaines étaient au courant. M. [Denis] Péloquin, qui était directeur [des RH] à l’époque, était au courant. […] Alors, ce n’est pas un truc qui était improvisé. Donc, je trouve un peu déplacés vos propos. Par chance que la Commission municipale va faire la lumière sur cette histoire et par chance que les gens vont être rencontrés. »

Au cœur de cette affaire : la surveillance dont a fait l’objet le greffier de la Ville, René Chevalier. Rappelons que le 19 avril dernier, à l’issue de l’assemblée du conseil municipal, le directeur général de la Ville avait avisé les élus qu’un dispositif d’écoute électronique avait été découvert dans le bureau du greffier. Le maire avait suspendu celui-ci sans salaire, le temps qu’une enquête soit menée. C’est finalement le maire qui était soupçonné d’avoir espionné l’employé-cadre car il lui reprochait son manque de loyauté.

Réintégration du greffier

 

Au cours de la séance du conseil municipal, le maire Péloquin a d’ailleurs déposé le rapport sur cette surveillance, mais son contenu n’a pas été divulgué. Le maire a aussi déposé un avis juridique en lien avec ce dossier. Il aurait souhaité que ce document soit rendu public, mais faute d’appuis au conseil municipal, il n’y a pas réussi.

Les détails sur l’opération de surveillance du greffier de la Ville n’ont donc pas été dévoilés. Rappelons que la Sûreté du Québec a ouvert une enquête sur cette affaire, tout comme la Commission municipale du Québec.

Le conseil municipal a également adopté à la majorité une motion afin d’ordonner la réintégration le greffier dans ses fonctions et le remboursement de son salaire ainsi que de ses avantages sociaux qu’il n’a pu toucher pendant sa suspension. Seuls le maire et le conseiller Jocelyn Mondou n’ont pas appuyé la résolution.

La séance du conseil a pris fin abruptement quand plusieurs élus se sont levés pour quitter les lieux, excédés par les propos du maire.

 

Lors d’un entretien téléphonique au Devoir, Serge Péloquin a soutenu que le Service des ressources humaines de la Ville était au courant de la surveillance du greffier et que l’enquête se déroulait en bonne et due forme car la Ville souhaitait recueillir des preuves « justes et irréfutables » contre l’employé-cadre. « Mais il y a une personne qui a coulé l’enquête qui se faisait sur le greffier et a mis ça sur la place publique », a déploré le maire.

Serge Péloquin affirme qu’à titre de maire, il se devait d’assumer son rôle de surveillance et de gouvernance. Il se dit convaincu que l’enquête de la Commission municipale du Québec saura faire la lumière sur les événements et lui donnera raison.

« C’est une petite crise à traverser. Je n’ai pas été [reconnu] coupable encore de rien. Je n’ai pas été destitué. Je suis le maire de la Ville. Si mon conseil n’est pas d’accord avec moi, c’est leur choix. Moi, j’avance et je fais fonctionner la Ville », a-t-il dit.
 


Une version précédente de ce texte indiquait que le directeur des RH à l’époque était Patrick Péloquin. Or, il s’agissait plutôt de Denis Péloquin. L’erreur a été corrigée. Nos excuses.

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