Le week-end de manifestations à Ottawa a pris fin dans le calme

Les murs extérieurs de l’église Capital City Bikers étaient barbouillés d’inscriptions comme «fascisme».
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les murs extérieurs de l’église Capital City Bikers étaient barbouillés d’inscriptions comme «fascisme».

Les policiers ont patrouillé dans les rues de plus en plus vides du centre-ville d’Ottawa alors que la série de manifestations prévue à l’horaire du « Rolling Thunder » a pris fin dans le calme, dimanche après-midi.

Les organisateurs disaient vouloir s’opposer à la vaccination obligatoire.

Le Service de police d’Ottawa a néanmoins lancé une enquête sur un acte de vandalisme survenu à l’église Capital City Bikers où des manifestants se sont rendus pour assister à une messe.

Les murs extérieurs du bâtiment ont été barbouillés d’inscriptions comme « fascisme » ou « pas de paradis pour le fascisme » avant l’arrivée des manifestants et des paroissiens.

Contrairement aux événements de février, quand une foule d’opposant aux mesures de santé publiques visant à combattre la COVID-19 avaient occupé les rues de la capitale nationale pendant plusieurs semaines, les participants du « Rolling Thunder » ont tôt fait de lever les pattes.

Seulement une dizaine de participants à la messe se sont ensuite déplacés vers le Parlement.

Une messe festive

 

Des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche pour participer à la dernière activité prévue à l’horaire du « Rolling Thunder » : une messe. Ils ont pu voir les graffitis orner les murs de l’église. Toutefois, ceux-ci n’ont pas refroidi l’enthousiasme de la foule plutôt paisible, même si certains étaient outrés.

« C’est extrêmement insultant, a commenté Kimberly McGrath. Je m’en fiche un peu, mais plusieurs personnes vont trouver cela traumatisant et offensant. Cela nous rappelle ce que nous avons dû traverser après avoir été étiquetés comme étant des racistes, des misogynes et des adversaires de la science. »

Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les graffitis n’ont pas refroidi l’enthousiasme de la foule plutôt paisible, même si certains étaient outrés.

La police a confirmé que son unité des crimes haineux enquêtait sur « un incident de méfait motivé par la haine à une institution religieuse » située sur la rue Carillon, la même rue que cette église.

Quatre musiciens interprétaient des airs de rock chrétien pendant que les fidèles, certains vêtus d’une veste de cuir, levaient les bras. Des familles et des enfants, parfois accompagnés d’animaux domestiques, sont entrés dans l’église. Un petit bar offrant des boissons gazeuses, des collations et du café avait été installé à l’arrière du bâtiment.

« On commence à parler de l’enfer et on se fait alors dire qu’on est des fanatiques religieux, a sermonné le pasteur Rob McKee. Nous aimons tous l’histoire que Dieu est amour. Alors, si j’étais l’ennemi, je tenterais de faire croire à ces gens que c’est faux, que c’est de la désinformation. »

Des participants ont socialisé dans le stationnement de l’église après la messe. Plusieurs ont exprimé leur intention de quitter Ottawa, même si certains parlaient d’aller à une manifestation à Montréal ou de retourner à la Colline du Parlement.

Comme en février

 

Les participants à la série de manifestations sont arrivés vendredi après-midi dans la capitale nationale. Une grande foule s’est rendue au centre-ville pour participer à diverses activités, notamment une cérémonie au Monument commémoratif de la guerre et un rassemblement sur la Colline du Parlement.

Les organisateurs disaient vouloir s’opposer à la vaccination obligatoire, mais comme en février, plusieurs manifestants en avaient long sur le cœur.

Randy Hill, de Penticton, en Colombie-Britannique, est arrivé à la messe au volant d’une camionnette rouge décorée de drapeaux canadiens et d’un autocollant « la foi, pas la peur ». Il a affirmé que sa femme Carol-Anne et lui s’opposaient à la vaccination obligatoire et toutes autres mesures que le gouvernement aurait l’intention de mettre en place.

« Nous voulons que Dieu renverse ce gouvernement et le remplace par des gens vertueux. Les gens au gouvernement doivent rendre des comptes à Dieu », a-t-il lancé.

La présence de policière était plus forte qu’à la normale autour de la Colline du Parlement, sinon c’était l’achalandage habituel d’un beau dimanche printanier.

Des arrestations

 

Le Service de police d’Ottawa a indiqué qu’elle avait arrêté samedi trois personnes, même si la manifestation est demeurée pacifique. Sept autres personnes avaient été arrêtées la veille.

Une femme a été arrêtée après avoir agressé des policiers sur la rue Elgin, où le rassemblement des motocyclistes s’est déplacé. Un homme a été placé en état d’arrestation pour avoir contrevenu aux conditions de sa libération à la suite des événements de février.

Un autre homme devra faire face à plusieurs chefs d’accusation, dont conduite dangereuse, voies de fait armées et non-respect de conditions.

La police enquête aussi sur « un incident de méfait motivé par la haine à une institution religieuse » qui lui a été signalé peu avant 7 h. Il n’est pas précisé si cet incident est lié au rassemblement.

Dans un autre micromessage dimanche, le Service de police d’Ottawa faisait également état de 761 contraventions de stationnement, de 10 constats d’infractions provinciales et de 39 véhicules remorqués.

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