Hausse des arrestations à la manifestation contre les mesures sanitaires à Ottawa

Des manifestants en train de confronter la police vendredi soir, à Ottawa.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Des manifestants en train de confronter la police vendredi soir, à Ottawa.

La police d’Ottawa a continué de sévir samedi contre les manifestants qui se sont mobilisés à divers endroits dans la capitale pour dénoncer les règles sanitaires visant à contrer la pandémie de COVID-19.

Pour éviter les débordements connus pendant le « convoi de la liberté », qui a paralysé la capitale pendant plusieurs semaines à partir de la fin janvier, une zone d’exclusion des véhicules motorisés a cette fois été mise en place autour de la colline parlementaire, où il est interdit de stationner un véhicule. Le Service de police d’Ottawa a d’ailleurs indiqué au Devoir peu après 14h avoir procédé jusqu’à maintenant à 33 remorquages de véhicules depuis vendredi, incluant des camions.

« Tous les véhicules qui ne respectent pas les zones d’arrêt interdit recevront une contravention et se verront remorquer », avaient prévenu samedi matin sur Twitter les agents responsables de faire appliquer les règlements municipaux de la ville.

Au moment où ces lignes étaient écrites, deux arrestations s’étaient par ailleurs ajoutées samedi aux sept accumulées vendredi et la police disait s’attendre à de possibles débordements en après-midi ou en soirée, la mobilisation ne semblant pas près de s’étioler. Ces arrestations concernent diverses infractions, incluant des voies de fait contre la police. Une des personnes arrêtées samedi aurait d’autre part enfreint ses conditions de libération, « notamment l’interdiction de se trouver au centre-ville d’Ottawa », a indiqué le corps de police.

Les responsable de la Ville d’Ottawa ont pour leur part indiqué en matinée avoir déjà délivré 417 contraventions en lien avec le rassemblement de vendredi, lors duquel un convoi de motocyclettes opposé aux mesures sanitaires a été rejoint par des camionneurs qui tentaient de se rendre avec eux sur la colline du Parlement. Les infractions commises concernent notamment des nuisances causées par le bruit ainsi que « le tabagisme », ont indiqué les responsables de la Ville sur les réseaux sociaux.

La manifestation de vendredi avait commencé dans le calme sur la colline du Parlement, mais à mesure que la nuit tombait, des poids lourds, des campeurs et autres camions ont frayé leur chemin vers le noyau du groupe. Les manifestants se sont rassemblés autour des camions, mais ils se sont heurtés à une ligne de policiers en tenue tactique, équipés de casques et de matraques.

La place aux vétérans

 

Les manifestations ont depuis repris de plus belle, samedi. Un rassemblement a notamment eu lieu en matinée près du Monument commémoratif de guerre du Canada. Une centaine de personnes s’y étaient d’abord amassés; une foule qui a rapidement pris de l’ampleur par la suite. Cet événement, tenu en marge du « Rolling Thunder Ottawa », se voulait officiellement un hommage aux vétérans canadiens. Dans les faits, cependant, nombre de ces manifestants étaient là pour dénoncer les règles sanitaires, comme c’était le cas en février. Un des organisateurs des manifestations de vendredi et samedi, le Freedom Fighters Canada, est d’ailleurs un groupe voué à dénoncer les directives liées à la gestion de la COVID-19.

Des centaines de motocyclistes ont ensuite roulé au centre-ville d’Ottawa en cours d’avant-midi. Ceux-ci se sont notamment dirigés vers les rues Albert et Elgin, nuisant temporairement à la circulation routière dans la capitale. Plusieurs manifestants se sont également rassemblés sur la colline parlementaire en cours de journée ainsi qu’ailleurs au centre-ville, a indiqué la police, qui n’était pas en mesure de prédire que ces mobilisations pourraient prendre fin.

L’agence de transport en commun de la ville, OC Transpo, a pour sa part tweeté samedi qu’elle augmenterait sa présence sur le terrain pour aider les clients et « assurer la sécurité de son personnel de première ligne ». Vendredi soir, l’agence a tweeté que le Centre Rideau, un centre commercial de trois étages au cœur du centre-ville, était fermé en raison du rassemblement.

Avec La Presse canadienne, à Ottawa

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