Le masque toujours fortement recommandé en Ontario, mais pas exigé

Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, Kieran Moore, a souligné l’augmentation du nombre de cas dans la province.
Nathan Denette La Presse canadienne Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, Kieran Moore, a souligné l’augmentation du nombre de cas dans la province.

Malgré une augmentation du nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19 en Ontario depuis la levée du règlement sur le port du masque obligatoire, le gouvernement Ford ne réintroduira pas cette exigence, a déclaré lundi le médecin hygiéniste en chef de la province. Le Dr Kieran Moore recommande toutefois « fortement » aux Ontariens de porter un masque dans les lieux publics intérieurs.

Le Dr Moore a annoncé sa décision lundi dans le cadre sa première conférence de presse en près d’un mois. Depuis la dernière réunion du médecin avec les journalistes, le 9 mars, le nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19 a augmenté de 45 %. Selon une analyse de la Santé publique de l’Ontario publiée vendredi, la fin de l’obligation du port du masque il y a trois semaines dans la plupart des lieux publics est en cause. Pour réduire la mortalité liée à la COVID-19, la Santé publique proposait plusieurs mesures, dont la réintroduction du masque obligatoire.

« La croissance du nombre de cas et de patients hospitalisés va probablement continuer au cours des prochaines semaines », a souligné le Dr Moore. La sixième vague en Ontario pourrait se conclure vers la fin mai, a-t-il précisé. La province planifie lever toutes les restrictions le 27 avril, dont le port du masque dans les hôpitaux et les foyers de soins de longue durée, mais le Dr Moore a fait savoir que son équipe pourrait possiblement recommander au gouvernement de prolonger l’obligation à ces endroits.

Le médecin a prévenu que l’exigence de porter le masque dans la plupart des lieux publics intérieurs pourrait faire son retour durant l’hiver, lorsque les virus ont plus tendance à circuler, si le système hospitalier est menacé, ou si un nouveau variant d’intérêt débarque dans la province. D’après l’analyse de Santé publique Ontario, « les preuves qu’un nouveau variant d’intérêt émerge et change la direction de la pandémie continuent de croître ».

Inquiétude pour les hôpitaux

 

Le sous-variant BA.2., responsable de la sixième vague, est plus transmissible que les premières versions du variant Omicron, selon cette même analyse. Cette transmissibilité menace le système de santé, a alerté la Santé publique, « en raison du nombre élevé de personnes infectées et de cas sévères de maladie ». Cela inclut les enfants, a déterminé l’agence. « Cela pourrait avoir un impact sur le taux d’occupation dans les hôpitaux pédiatriques et perturber l’éducation en personne », lit-on dans le document.

En conférence de presse lundi, le médecin hygiéniste a assuré que la vaccination continuait d’offrir un niveau de protection élevé, ce qui a permis aux hôpitaux de ne pas être trop débordés. « Le système de santé est protégé par le niveau élevé d’immunité au sein de la population », évalue le Dr Moore. 81 % des Ontariens ont obtenu au moins deux doses du vaccin et entre 5,3 et 6 millions d’Ontariens ont été infectés depuis décembre.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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