Fin du service «Un appel, un rendez-vous» pour les enfants malades

Ce service était «une mesure temporaire COVID» mise en place alors que les urgences du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine et de l’Hôpital de Montréal pour enfants devaient composer avec un fort achalandage.
Photo: Michael Monnier Le Devoir Ce service était «une mesure temporaire COVID» mise en place alors que les urgences du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine et de l’Hôpital de Montréal pour enfants devaient composer avec un fort achalandage.

Le service téléphonique « Un appel, un rendez-vous », qui permettait aux parents montréalais d’obtenir rapidement une consultation médicale lorsque leur enfant était malade, a pris fin le 31 mars. L’initiative se termine au moment même où une sixième vague de COVID-19 débute au Québec.

La ligne téléphonique a été lancée en septembre dernier par le Département régional de médecine générale (DRMG) de Montréal afin de réduire la pression sur les urgences pédiatriques, qui débordaient alors de jeunes patients sans médecin de famille ou incapables d’obtenir un rendez-vous. Grâce à « Un appel, un rendez-vous », ils étaient rapidement dirigés vers une clinique ou d’autres ressources.

Ce service n’existe plus. « Veuillez prendre rendez-vous avec votre médecin de famille ou contactez votre clinique locale par téléphone ou en ligne via Rendez-vous santé Québec », indique maintenant la boîte vocale du service.

Pourquoi interrompre « Un appel, un rendez-vous » en pleine sixième vague ? Le DRMG explique que ce service était « une mesure temporaire COVID » mise en place alors que les urgences du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine et de l’Hôpital de Montréal pour enfants devaient composer avec un fort achalandage. La situation a changé depuis.

« On suit cela de près, dit Sébastien Blin, directeur à la Direction régionale de l’accès aux services médicaux de première ligne du DRMG. Ça ne veut pas dire qu’on ne va pas réagir. » Il n’écarte pas une réouverture en cas de besoin. « On travaille en mode agile. »

La Dre Laurie Plotnick, directrice médicale du département d’urgence de l’Hôpital de Montréal pour enfants, espère que le service sera rétabli si nécessaire. « C’est sûr que nous ne pouvons pas prédire l’avenir, mais avec la sixième vague et, déjà, une augmentation d’autres maladies infectieuses chez les enfants, nous soupçonnons que nous verrons une augmentation des visites à notre urgence », dit-elle.

Au CHU Sainte-Justine, le directeur des services professionnels, le Dr Marc Girard, rappelle que les virus respiratoires circulent généralement moins lors de la belle saison. « Là où on peut avoir un peu plus d’inquiétude, c’est lorsque va débuter la saison des grippes et des infections, l’automne prochain », pense-t-il.

Une initiative efficace

« Un appel, un rendez-vous » a fait le bonheur de bien des parents. La ligne s’est aussi avérée efficace pour réduire l’achalandage dans les hôpitaux. En six mois, elle a traité plus de 45 000 appels, selon le DRMG. « Ça a permis de diminuer de 14 ou 15 % le volume de clientèle dans les deux urgences pédiatriques pendant la période critique pour eux », dit Sébastien Blin.

Cette initiative étant terminée, les parents doivent maintenant contacter leur médecin de famille ou tenter de trouver une consultation dans une clinique par l’entremise de Rendez-vous santé Québec. Ils peuvent aussi joindre une infirmière du 811 pour obtenir des informations en cas de problème non urgent, rappelle le DRMG.

Le Dr Girard est bien conscient que les parents pourraient devoir faire plusieurs appels pour dénicher un rendez-vous. Mais il souligne que les médecins de famille doivent aussi être disponibles pour leur clientèle plus âgée, pas seulement pour les 0-16 ans. « Le numéro unique, c’était parce qu’il y avait un certain nombre de cliniques qui étaient disposées à nous offrir des plages horaires, précise-t-il. Cette disponibilité-là a été réduite au cours du mois de mars. »

Les médecins de famille ont repris leurs activités normales. « Il y a une pression venant de l’ensemble de la clientèle, qui veut un rendez-vous avec son médecin de famille alors qu’il ne l’a peut-être pas eu dans les derniers mois ou même les deux dernières années », ajoute-t-il.

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