Justin Trudeau visite Williams Lake, lieu d’un ancien pensionnat pour Autochtones

Le premier ministre Justin Trudeau était à Vancouver mardi à la veille de sa visite à Williams Lake
Chad Hipolito La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau était à Vancouver mardi à la veille de sa visite à Williams Lake

Des enfants ont tambouriné pour accueillir le premier ministre Justin Trudeau à son arrivée mercredi à la Première Nation de Williams Lake, en Colombie-Britannique.

Selon le premier ministre, sa visite montre que « tout le Canada est en deuil » avec la communauté après la découverte de 93 tombes non marquées qui pourraient indiquer les lieux de sépulture d’enfants dans les environs de l’édifice du pensionnat de la Mission de Saint-Joseph.

M. Trudeau a indiqué qu’il était principalement à Williams Lake pour écouter et apprendre des aînés, des survivants et de la communauté afin de voir « à quoi ressemble la voie à suivre, non seulement pour cette communauté, mais pour ce pays, en partenariat, dans le respect, dans la réconciliation ».

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, et M. Trudeau ont rencontré individuellement des aînés et des survivants des pensionnats pour les enfants autochtones, leur tenant la main et leur offrant des tresses d’herbe sainte (foin d’odeur).

Justin Trudeau a annoncé qu’Ottawa fournira un financement supplémentaire de 2,9 millions de dollars aux Premières Nations de la Colombie-Britannique pour soutenir la guérison des communautés dont les enfants ont été arrachés à leur famille et envoyés au pensionnat de la Mission de Saint-Joseph.

Le financement « aidera la communauté à poursuivre ses recherches, notamment dans le cadre d’entrevues avec les survivants, pour révéler la vérité sur ce qui s’est passé à cette école et permettre au processus de guérison de commencer », a indiqué le cabinet du premier ministre dans un communiqué.

Avant l’arrivée de M. Trudeau, le chef de Williams Lake, Willie Sellars, a soutenu que la Première Nation aspirait à un financement à long terme pour toutes les communautés autochtones du Canada qui procèdent à la recherche de restes d’enfants disparus autour des sites d’anciens pensionnats.

Le chef Sellars a évoqué qu’ils avaient besoin que le fédéral fournisse des dossiers complets concernant la Mission de Saint-Joseph, ainsi qu’un appui pour exhorter l’Église catholique à faire de même, alors qu’ils s’efforcent d’identifier les enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux.

Le rôle du gouvernement fédéral pour la réconciliation devrait aussi inclure un soutien au développement économique et aux besoins communautaires importants, comme le logement, estime le chef autochtone.

 

L’enquête à la Mission de Saint-Joseph a eu lieu après qu’un radar a détecté ce que l’on pense être plus de 200 tombes dans un ancien pensionnat de Kamloops l’année dernière.

Le pensionnat de la Mission de Saint-Joseph a été inauguré par l’Église catholique en 1891 en tant qu’école industrielle où les enfants autochtones devaient effectuer des travaux comme fendre du bois et l’agriculture. Il n’a fermé ses portes que 90 ans plus tard, en 1981.

Le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation indique qu’au moins 4100 enfants autochtones ont perdu la vie à cause de diverses négligences dans de tels pensionnats au Canada.

Le « Programme de soutien en santé : résolution des questions des pensionnats indiens » dispose d’une ligne d’assistance téléphonique pour aider les survivants de ces établissements et leurs proches souffrant d’un traumatisme évoqué par le rappel de violences passées. Le numéro est le 1-866-925-4419.



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