Inquiétudes concernant le futur du Mont-Sainte-Anne

Deux anciens ministres responsables de la Capitale-Nationale se portent à la défense de ce haut lieu de ski à Québec.
Photo: Christian Tremblay Archives Deux anciens ministres responsables de la Capitale-Nationale se portent à la défense de ce haut lieu de ski à Québec.

Sam Hamad et Agnès Maltais, deux anciens ministres responsables de la Capitale-Nationale, se portent à la défense du Mont-Sainte-Anne. Ce haut lieu de ski près de Québec souffre dangereusement d’un manque d’investissements, et ils exigent que le gouvernement « change carrément d’opérateur ».

« Le Mont-Sainte-Anne souffre d’un sous-investissement chronique de la part du gestionnaire en place depuis quelque 20 ans », soutiennent les deux anciens politiques dans une lettre ouverte consultée par Le Devoir.

« Une des preuves les plus éloquentes aura été les accidents graves impliquant les télécabines et ayant fait une vingtaine de blessés, en 2020 », soulignent-ils. En effet, une défaillance soudaine du remonte-pente avait à l’époque envoyé une douzaine de personnes en ambulance. Des pannes se sont répétées cette année, mais sans faire de blessés. Des ratés dans l’enneigement des pistes ont aussi été rapportés.

« Plus personne n’a confiance en l’opérateur », réitère Mme Maltais en entretien avec Le Devoir.

Le gouvernement du Québec possède la montagne, mais délègue la gestion des pistes à Resorts of the Canadian Rockies (RCR). Le contrat de location des pentes s’échelonne jusqu’en 2093.

« Ils ont un gros contrat en main, l’argent rentre, et ils s’en lavent les mains », s’insurge à son tour Sam Hamad en entrevue.

Le siège social de RCR, situé en Alberta, n’a pas répondu à notre demande d’entrevue. Un représentant de la station de ski à Québec signale toutefois que près de 3 millions de dollars ont été investis dans la dernière année pour remettre en état la télécabine et le système d’enneigement. Un « plan d’investissement » plus large et « travaillé avec le gouvernement » doit par ailleurs être annoncé cette année.

« Ça fait deux fois que l’opérateur dit qu’il va investir après négociations, et il ne l’a pas fait », lance Agnès Maltais lorsqu’informée de cette réponse.

Québec doit « carrément changer l’opérateur », croit-elle, d’autant plus qu’« il y a des gens dans la région qui sont prêts à s’en occuper, mais aussi à s’en occuper financièrement ».

Le problème « est pris au sérieux » au parlement, assurent les deux anciens adversaires politiques. « En 2021, des démarches juridiques ont été entamées pour reprendre le contrôle des terrains périphériques du Mont-Sainte-Anne, sur lesquels ont lieu des activités de ski de fond, de vélo de montagne ou encore de camping », rappellent-ils dans leur déclaration commune. Mais, « pour ce qui est du cœur de la montagne et de la station de ski alpin, le problème demeure toutefois entier ».

« Ce n’est pas une critique pour le gouvernement, mais il doit augmenter l’intensité de son intervention », soutient M. Hamad.

« Les signaux sont bons, maintenant, l’autre partie, le plus grand potentiel d’attraction et de développement, c’est la montagne de ski, ajoute Agnès Maltais. C’est à nous. C’est aux Québécois, la montagne. »

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