Une marche pour les droits des femmes marquée par la guerre en Ukraine

Une minute de silence a  été tenue en hommage aux femmes victimes de la guerre, en Ukraine comme ailleurs dans le monde.
Zacharie Goudreault Le Devoir Une minute de silence a été tenue en hommage aux femmes victimes de la guerre, en Ukraine comme ailleurs dans le monde.

Plus de 150 personnes ont défilé dans les rues de Montréal, samedi, dans le cadre d’une manifestation annuelle pour les droits des femmes marquée par la guerre en Ukraine.

Depuis plus de 20 ans, l’organisme Femmes de diverses origines tient une manifestation en marge de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. L’événement, qui devait avoir lieu samedi dernier, avait été reporté d’une semaine en raison des piètres conditions météorologiques.

Ce sont finalement plus de 150 personnes qui se sont rassemblées vers 14h dans une grande place publique située juste à côté de la station de métro Parc, dans le quartier Parc-Extension. Des représentantes de différents organismes de même qu’une membre de la communauté Wet’suwet’en de la Colombie-Britannique ont alors défilé devant les manifestants pour faire part de leurs revendications sur divers enjeux, dont l’immigration et l’accès à un logement abordable.

« Des gens se font évincer, incluant des immigrantes et des femmes sans statut. Si à cause de l’embourgeoisement, elles se font évincer, où iront ces femmes? Si elles n’ont pas de sécurité au sein même de leur logement, que vont-elles faire? », a lancé au Devoir Ishita Tiwary, une des organisatrices de la marche. Le quartier Parc-Extension compte d’ailleurs parmi les secteurs de Montréal où la crise du logement fait le plus de ravages, a-t-elle souligné.

Photo: Zacharie Goudreault Le Devoir Depuis plus de 20 ans, l’organisme Femmes de diverses origines tient une manifestation en marge de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.

Mettre fin à la violence

La guerre en Ukraine s’est toutefois imposée samedi, tant dans les discours qu’au sein de la foule composée de personnes de tous âges. Plusieurs manifestants brandissaient des affiches indiquant leur opposition à l’invasion russe dans le pays d’Europe de l’Est. « Les femmes disent non à la guerre impérialiste », a lancé l’une d’entre elles. « Femmes contre la guerre et l’exploitation », a martelé une autre.

À 14h30, une minute de silence a d’ailleurs été tenue en hommage aux femmes victimes de la guerre, en Ukraine comme ailleurs dans le monde. « Les personnes les plus affectées par la guerre sont les femmes et les enfants, même si elles ne prennent pas part aux combats », estime Ishita Tiwary.

« La plus grande violence faite aux femmes, c’est dans les guerres », renchérit Marie Boti, une autre organisatrice de l’événement, qui rappelle que les femmes et les enfants constituent la grande majorité des réfugiés ukrainiens qui ont fui vers des pays voisins dans les dernières semaines, dans des conditions souvent difficiles.

Peu avant 15h, les manifestants ont entamé une courte marche dans les rues de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension avant de revenir à leur point de départ. Le son d’un tambour résonnait tandis qu’une musique festive émanait de haut-parleurs transportés par un véhicule qui circulait au-devant de la petite foule.

« De voir des femmes et des enfants être séparés [en raison de la guerre en Ukraine], ça fait mal au coeur. Il faut arrêter la guerre le plus vite possible », a martelé Amy Tang, une manifestante rencontrée pendant la marche. Au 17e jour de l’invasion russe dans en Ukraine, les combats ne semblaient toutefois pas en voie de s’essouffler, samedi.

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