Orphelins de Duplessis - Des poursuites dans l'air

Des orphelins de Duplessis entendent déposer des poursuites contre des communautés religieuses, des psychiatres ainsi que les gouvernements fédéral et provincial au sujet d'agressions sexuelles et de sévices corporels subis dans les années 50.

C'est du moins ce qu'ont indiqué hier les leaders du groupe d'orphelins, les mêmes qui avaient tenté un putsch au mois de juin dernier pour déloger Bruno Roy de la présidence du Comité des orphelins.

Ils n'ont toutefois pas d'avocat pour les représenter ni d'argent pour payer leurs honoraires. Qu'à cela ne tienne, dit Rod Vienneau, «nous irons cogner à différentes portes». Ces orphelins comptent mener plusieurs actions afin de se faire entendre. Ils songent notamment à déposer une pétition à l'Assemblée nationale et à aller solliciter des appuis auprès du bureau des Nations unies à New York.

Les dissidents se disent floués par l'entente conclue entre Bruno Roy et le gouvernement en juin 2001. Le programme national de réconciliation ne dédommageait que les orphelins internés sous de faux diagnostics de maladie mentale, sans tenir compte des sévices corporels et des agressions sexuelles ni des cas d'orphelins placés ailleurs.

Le 30 juin dernier, les orphelins mécontents avaient improvisé une assemblée sur le trottoir, quelques minutes après l'annulation de l'assemblée générale annuelle, et avaient constitué un nouvel exécutif. La Cour supérieure n'a pas reconnu la légitimité de cette élection et a accepté une injonction provisoire pour maintenir Bruno Roy à la tête du comité.

«On veut la reconnaissance des torts causés, on ne veut pas la peau de personne», ajoute M. Vienneau qui dit parler au nom de quelque 150 orphelins. Il rappelle qu'en 1995, le ministère de la Justice n'avait pas jugé bon de porter des accusations concernant 321 plaintes déposées par des orphelins depuis 1991.