Le chef du Service de police de Québec défend les agents impliqués dans les arrestations brutales

Le chef de police de Québec, Denis Turcotte
Simon Clark Le Devoir Le chef de police de Québec, Denis Turcotte

Le chef du Service de police de la Ville de Québec assume pleinement sa décision de remettre au travail les cinq agents impliqués dans les arrestations brutales et largement médiatisées de novembre dernier.

Le Bureau des enquêtes indépendantes et le Commissaire à la déontologie policière enquêtent présentement sur les arrestations, dont les vidéos avaient soulevé un tollé au sein de la population et de la classe politique.

« J’aime mieux qu’ils rentrent au travail pour servir la population plutôt qu’ils restent chez eux, loin de leurs confrères », a affirmé le chef Denis Turcotte, mercredi, dans la foulée d’un comité plénier portant sur le corps de police de la capitale. « Le lien de confiance que j’ai avec ces policiers-là, je l’ai encore. »

Devant les élus à l’hôtel de ville, l’homme aux commandes du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a déploré le « tribunal populaire », qui condamne d’avance, à l’ère des réseaux sociaux, le travail des policiers.

« C’est tellement facile de juger, depuis son salon, une opération policière, a souligné le haut gradé du SPVQ. Quelqu’un qui regarde une intervention sans contexte ni explication, ça peut être tentant d’aller juger sur les réseaux sociaux. »

Le chef de police se défend de cautionner les agissements des cinq agents en les réintégrant avant la conclusion des enquêtes.

 

« Pas du tout, il y a des enquêtes policières. Moi, j’ai un processus disciplinaire qui peut s’enclencher dès qu’elles se concluent », a rétorqué M. Turcotte.

Quant à savoir si l’intégrité du Service de police de la Ville de Québec pourrait être entachée si les policiers qui font l’objet d’enquêtes sont finalement tenus responsables d’une faute, le chef Turcotte maintient avoir pris la meilleure décision.

« Peut-être que certaines personnes ne seront pas d’accord avec l’orientation que j’ai prise, mais j’ai pris cette orientation-là dans le meilleur des mondes, justement pour l’organisation et pour ces policiers-là aussi. »

Nouveau rôle pour GRIPP

 

C’est l’unité du Groupe de relation et d’intervention policière auprès de la population (GRIPP) qui a fait les manchettes, à la fin de 2021, après la publication d’une série de vidéos montrant des interventions brutales auprès de citoyens de Québec.

Le rôle de cette unité, notamment responsable de la surveillance des bars de la capitale, pourrait connaître des changements « significatifs », a indiqué le chef du SPVQ.

« L’analyse de l’unité GRIPP est terminée, a indiqué M. Turcotte. J’en suis à réviser tout ça. Vous comprendrez qu’il y a des enjeux de convention collective que je vais négocier avec la Fraternité [des policiers et des policières de la Ville de Québec]. »

Il espère que le nouveau modèle de l’unité pourra voir le jour dès l’été prochain, sans dévoiler plus de détails.

« Je ne tolérerai jamais ça »

Le SPVQ a fait l’objet de nombreuses allégations de profilage racial au cours des dernières années. Le chef Turcotte assure n’avoir aucune tolérance pour cette pratique et incite les gens qui s’en croient victimes à porter plainte.

« Si je suis au courant qu’il y a du profilage racial, c’est sûr que nous allons déclencher une enquête. Je ne pourrais jamais tolérer ça », a insisté le haut gradé, arrivé en poste en 2021 dans la foulée du mouvement Black Lives Matter, qui a pris de l’ampleur après la mort de George Floyd aux mains de policiers de Minneapolis.

Pour dresser le portrait des relations que le SPVQ entretient avec les communautés culturelles de Québec, la police attend les conclusions d’une étude menée par la Chaire de recherche sur l’intégration et la gestion des diversités en emploi de l’Université Laval.

« Ça va débuter cette année et ça devrait s’échelonner jusqu’en 2023 », a précisé M. Turcotte. Les travaux de la chaire de recherche serviront, notamment, à développer des formations plus adaptées pour l’ensemble du corps policier.

« On est en constante révision de nos pratiques, a conclu le chef de police. C’est un processus continu, de se remettre en question. »

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