Des initiatives pour que ça change!

Kim Renaud-Venne
Collaboration spéciale
Selon l’ATF, une plus grande efficacité dans la reconnaissance des acquis et des compétences permettrait de réduire les obstacles que rencontrent les nouvelles arrivantes sur le marché du travail.
Jacques Nadeau Le Devoir Selon l’ATF, une plus grande efficacité dans la reconnaissance des acquis et des compétences permettrait de réduire les obstacles que rencontrent les nouvelles arrivantes sur le marché du travail.

Ce texte fait partie du cahier spécial Journée internationale des femmes

Élaborer des outils éducatifs sur la santé sexuelle et reproductive des femmes

Les résultats du sondage sur la santé sexuelle et reproductive des femmes amorcé par quatre groupes d’intervenants canadiens l’année dernière lors de la Journée internationale des droits des femmes ont été révélés cet automne.

Le projet en deux phases entrepris par l’Alliance canadienne des arthritiques, l’Association canadienne des patients atteints de psoriasis, le Réseau canadien du psoriasis et l’Association canadienne de spondylarthrite vise à soutenir les personnes s’identifiant comme femmes qui sont atteintes de maladies rhumatismales et psoriasiques et d’arthrite inflammatoire dans les différentes étapes de leur vie (la planification familiale, la santé sexuelle, la parentalité et la ménopause).

Le sondage, qui constitue la première phase, a été lancé afin de mieux définir les expériences des patientes et de relever les manquements en matière d’information. Les résultats indiquent notamment que plus de 60 % des répondantes n’ont pas eu suffisamment d’information sur la santé sexuelle et les effets de leur maladie, que moins de 45 % estiment que leurs professionnels de la santé leur ont donné des renseignements adéquats concernant l’influence de leurs médicaments sur leur fécondité, avec des variations importantes selon la région du Canada, et que moins de la moitié ont reçu des conseils d’un médecin sur les risques liés à la grossesse et l’innocuité des médicaments avant d’envisager une grossesse.

Ces résultats préparent le terrain pour la seconde phase, qui portera sur l’élaboration d’outils éducatifs et l’amélioration du dialogue sur les expériences et les besoins des femmes atteintes de ces maladies.

Offrir un congé payé pour la Journée internationale des droits des femmes

 

Dans le cadre de son budget 2021 pour l’aide aux femmes, le ministère des Finances du Canada rappelait que « les disparités liées au sexe et au genre persistent dans le système de santé canadien. Les femmes sont plus susceptibles de mourir de maladies évitables et supportent un fardeau plus important de maladies chroniques ».

Devant les inégalités croissantes en matière de santé des femmes, qui ont été exacerbées par la pandémie, l’entreprise Organon et sa filiale canadienne, qui se concentre principalement à offrir aux femmes des solutions variées en soins de santé, ont annoncé en février dernier octroyer à l’ensemble de leurs employés un congé payé à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Elle invite d’autres dirigeants à faire de même et à adopter des initiatives dans le but de donner priorité à la santé de leurs travailleurs.

Kevin Ali, président et chef de la direction d’Organon, désire que cette journée soit consacrée à la santé de ses collaborateurs et collaboratrices et des femmes de leur entourage, que ceux-ci en profitent « que ce soit en allant chez le médecin, en faisant le point sur leur propre bien-être ou en réfléchissant à la manière de changer les choses ».

Reconnaître les diplômes étrangers des femmes immigrantes

 

Action travail des femmes (ATF), qui a pour mission de soutenir les femmes socioéconomiquement défavorisées dans leurs démarches d’accès à des emplois décents, a récemment lancé le projet « Contrer les effets systémiques de la non-reconnaissance des diplômes étrangers sur les femmes immigrantes ».

ATF croit qu’une plus grande efficacité dans la reconnaissance des acquis et des compétences permettrait de réduire les obstacles que rencontrent les nouvelles arrivantes sur le marché du travail et de répondre, de surcroît, au problème de main-d’œuvre, qui sévit actuellement.

Ce projet, qui se terminera en 2024, permettra de documenter les effets d’un plan de relance économique sur le parcours des personnes immigrantes, et particulièrement des femmes. En collaboration avec plusieurs partenaires, tels que le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail, le Groupe de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale, la Chaire de recherche sur l’intégration et la gestion des diversités en emploi, le Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec et la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, ATF concevra une plateforme de revendications, qui sera issue d’une analyse du plan de relance du Québec et des cadres d’application de la reconnaissance des acquis.

« Plusieurs moyens seront mis en place — travaux de comités, plan stratégique de mobilisation, tournée auprès des instances gouvernementales, etc. — afin de mener des actions pour contrer les phénomènes de déqualification et de ghettoïsation professionnelle dont sont victimes les personnes immigrantes, particulièrement les femmes, conséquences de la non-reconnaissance de leurs acquis et de leurs diplômes », révèle-t-on par voie de communiqué.

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