Un hôpital ukrainien pratique des accouchements dans un sous-sol antibombe

Une femme tient son bébé dans l’hôpital de fortune aménagé par le médecin Sergey Baksheev.
Capture d’écran Facebook Sergey Baksheev Une femme tient son bébé dans l’hôpital de fortune aménagé par le médecin Sergey Baksheev.

Malgré la guerre qui fait rage en Ukraine, la vie continue d’éclore : voilà pourquoi le médecin Sergey Baksheev a contribué à aménager une unité des naissances de l’Hôpital de maternité de Kiev dans un abri antibombe situé au sous-sol de l’édifice. Dans une publication mise en ligne le 25 février qui cumule plus de 11 000 partages sur Facebook, le docteur diffuse des photos de l’hôpital de fortune où naissent ceux et celles qu’il surnomme « les enfants de la guerre ».

« Ma famille se trouve à plus de quatre kilomètres de notre maternité […]. Je ne pouvais pas l’emmener à la maternité parce qu’une femme enceinte a besoin de cet endroit », écrit le médecin dans sa publication rédigée en russe. Il justifie l’utilisation de cette langue par son désir d’être compris par ses « amis » vivant notamment en Russie et en Biélorussie.

« Sortez dans les rues de vos villes en Russie […], créez votre propre mouvement antiguerre », écrit le docteur. « Regardez ces images, et dans les yeux de ces travailleurs de la santé qui n’ont aucune crainte de la guerre russe », ajoute-t-il dans un véritable cri du cœur.

Soutien à l’international

Dans la dernière semaine, les réponses à l’appel à l’aide de Sergey Baksheev ont été nombreuses. Dans des publications Facebook subséquentes, le médecin remercie notamment une infirmière américaine, Katya Simon, instigatrice d’une campagne de financement qui a fourni 10 000 dollars américains et de l’« aide humanitaire » à l’hôpital de la capitale ukrainienne. L’infirmière a lancé un appel à tous et à toutes sur son compte Facebook en écrivant que l’hôpital a « besoin de ressources pour faire face aux inévitables réparations ou à l’épuisement des stocks ».

Le médecin Baksheev salue aussi une usine à lait de la région, qui a fait don d’une grande quantité de produits laitiers. Il mentionne également un don de 200 kilogrammes de viande de poulet, en soulignant que « tout est déjà dans la cuisine de la maternité ».

Des soins périnataux mis en péril

 

Les bombardements russes ont forcé nombre de citoyens et de citoyennes à se réfugier dans le métro de Kiev. La semaine dernière, l’annonce de la naissance d’un bébé dans le réseau est devenue virale sur Twitter.

Mais les dangers sont nombreux pour les femmes sur le point d’accoucher. Plus tôt dans la journée, le directeur d’une clinique d’accouchement de Kharkiv a confirmé qu’un obus russe avait touché le bâtiment. « Les dégâts sont grands, mais le bâtiment est toujours debout. Tout le monde a été évacué », a-t-il confirmé sur Facebook.

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